New York, publié le 24 février 2008 - Le parlement iranien envisage de légiférer pour institutionnaliser une série de violations flagrantes des droits de l'Homme. Cette loi affecterait non seulement les bahá'ís mais aussi bien d'autres citoyens, même en dehors de l'Iran, affirme la Communauté internationale bahá'íe.
L'inquiétude se fonde notamment sur un chapitre qui prévoit la peine de mort pour toute personne qui se convertirait de l'Islam à une autre religion. Cet élément de la loi affecterait non seulement les bahá'ís, mais aussi les chrétiens, les juifs et d'autres encore.
Bani Dugal, principale représentante de la Communauté internationale bahá'íe auprès des Nations Unies, déclare : « Ce projet de loi va à l'encontre de toutes les normes en matière des droits de l'homme, en ce compris les pactes internationaux dont l'Iran est signataire ».
Elle poursuit : « Il est important que la communauté internationale se fasse entendre dès à présent, avant qu'il ne soit trop tard, pour que le projet de code n'acquière pas force de loi en Iran ».
Le projet redéfinirait une série de délits « religieux » et d'autres natures, de façon tellement vague que cela mettrait virtuellement en péril tout groupe que le gouvernement désapprouverait.
Madame Dugal ajoute : « S'il était adopté, le code autoriserait le gouvernement et le clergé à agir dans l'impunité contre les citoyens iraniens, sur l'unique base de leur orientation religieuse. C'est non seulement une insulte envers le peuple iranien, mais aussi un crime pour tous ceux qui cherchent à défendre les droits humains fondamentaux ».
Selon Madame Dugal, la nouvelle section relative à la conversion religieuse, définie comme apostasie, est particulièrement inquiétante car elle prévoit la peine de mort pour toute personne qui se convertirait de l'Islam à une autre religion et ne se rétracterait pas immédiatement.
Elle poursuit : « Le texte utilise le mot ‘Hadd' qui signifie que la peine de mort est explicitement requise comme sanction, sans que la peine puisse être modifiée, réduite ou annulée.
Dans le passé, la peine capitale avait déjà été requise et aussi appliquée dans des cas d'apostasie, mais elle n'avait jamais encore été mise en forme de loi.
La loi étend la notion en appelant apostat l'adepte d'une religion autre que l'Islam qui aurait eu un de ses parents musulman au moment de sa conception. Ce serait par exemple le cas de l'enfant d'un musulman et d'une chrétienne qui choisirait d'adopter la foi chrétienne, il serait alors considéré comme apostat aux termes de cette loi et sujet à exécution capitale ».
Par ailleurs : « Le caractère vague du code à propos d' ‘offense au sacré' et autres délits laisserait le champ libre au gouvernement pour agir envers tout groupe qu'il désapprouverait. Le code contient des articles faisant référence à des délits ou des forfaits non spécifiés, d'autres articles mentionnent ceux qui sont coupables de ‘corruption et discorde sur terre' », a encore déclaré Madame Dugal.
« Le code se propose aussi d'instaurer la peine capitale pour tout qui ‘insulterait le Prophète'. Cela placerait de nombreux groupes, dont les bahá'ís, dans une situation extrêmement vulnérable puisqu'une ‘insulte' envers le Prophète peut être avancée dans pratiquement n'importe quel contexte et en particulier là où les convictions religieuses sont en jeu ».
La Présidence de l'Union européenne a récemment exprimé son inquiétude quant à la situation de la communauté bahá'íe en Iran (voir ici.
Dans une déclaration du 7 février 2008, elle « se déclare vivement préoccupée par la dégradation de la situation des minorités ethniques et religieuses en Iran, et en particulier par la situation critique des bahaïs [...] L'UE s'inquiète de la discrimination et du harcèlement systématiques dont sont victimes les bahaïs en Iran, et notamment de l'expulsion des étudiants des universités et des établissements d'enseignement supérieur, de la limitation de l'accés à l'emploi et des campagnes de propagande menées contre les bahaïs dans les médias iraniens. »
Village de Gonukrom, région occidentale du Ghana, publié le 22 février 2008 - Depuis des années, Owusu Ansah Malik pensait que sa langue maternelle, le twi, était une langue de deuxième catégorie, l'anglais, la langue nationale du Ghana, étant mise en avant dans son école.
Mais un programme qui offre de l'instruction, des livres et un encadrement en twi a permis à ce jeune de 16 ans de découvrir la valeur de sa langue maternelle et, par la même occasion, d'améliorer ses compétences en anglais.
“Je pensais que notre langue ghanéenne était trop pauvre pour être étudiée, puisque son enseignement n'était pas encouragé, déclare Owusu, élève en 4ème au collège de Gonukrom. Mais avec ce programme, j'ai pris conscience de la richesse de notre langue et aussi qu'elle peut être étudiée. Ça m'a aussi aidé à lire plus facilement l'anglais.”
Owusu est l'un des 22 000 étudiants au Ghana à avoir participé au programme d'alphabétisation “Enlightening the Hearts”, (Illuminer les cœurs), dont l'objectif est d'aider les jeunes de 9 à 15 ans à lire et à écrire dans leur propre langue.
Dirigé par l'ONG d'inspiration bahá'íe la Fondation Olinga pour le développement humain ("Olinga Foundation for Human Development"), ce programme a offert des formations, depuis l'an 2000, dans plus de 260 écoles primaires et collèges de la région occidentale du Ghana.
D'après l'opinion générale, le programme “Enlightening the Hearts” est un succès incontestable qui contribue à tripler le niveau d'alphabétisation parmi les participants et qui s'attire les louanges des étudiants, des parents, des enseignants et des responsables gouvernementaux de l'éducation.
“La méthodologie rend très simple l'acquisition des compétences linguistiques, explique Samson Boakye, un enseignant à l'école primaire d'Anyinabrim. L'approche syllabique est excellente. Ensuite, il s'opère un transfert de connaissances depuis la langue ghanéenne vers la langue anglaise. Ainsi, les enfants lisent couramment l'anglais.”
En plus de sa méthode particulière d'alphabétisation, le programme incorpore également des éléments d'éducation morale, en mettant en avant des vertus tirées des écritures religieuses, un autre aspect qui a aussi suscité l'approbation.
“Si j'aime tant ce programme, c'est surtout à cause du côté moral du livre, qui sans aucun doute prépare les enfants à être de bon citoyens dans l'avenir ”, déclare Ayyub Yaku Aidoo, un enseignant de l'école primaire de Samreboi.
Les origines de ce projet remontent à 1996, quand la communauté bahá'íe du Ghana a démarré une campagne d'alphabétisation. Elle a ensuite été confiée à la Fondation Olinga en 2001, qui a été créée, elle-même, par un groupe d'éducateurs bahá'ís en 2000.
La fondation a été baptisée du nom d'Enoch Olinga, l'un des premiers Africains à accepter la foi bahá'íe. Sa mission est de promouvoir l'éducation universelle de base, de responsabiliser les jeunes et, selon son site web, “de mettre en place les compétences nécessaires pour faire aller de l'avant une civilisation en perpétuel progrès sur le continent africain”.
En plus de la campagne d'alphabétisation “Enlightening the Hearts”, la Fondation Olinga conduit trois autres programmes :
Pour tous ses programmes, la fondation se base sur les principes spirituels et sociaux bahá'ís, mettant spécifiquement en exergue l'égalité de l'homme et de la femme, le droit à l'éducation universelle fondamentale et la nécessité d'éliminer les préjugés.
Pour l'instant, c'est le programme d'alphabétisation qui touche la plus grande part de population et qui a attiré le plus d'attention. “C'est notre programme principal, déclare Leslie Casely-Hayford, directrice de la fondation. Nous croyons que l'alphabétisation et l'éducation morale sont essentielles au progrès et au développement de la société.”
Pour en apprendre davantage
Le projet d'alphabétisation est actuellement actif dans deux districts de la région occidentale du Ghana, Wasa Amenfi Ouest et Wasa Amenfi Est, et les préparatifs pour proposer le programme dans un district de la région orientale du Ghana sont en bonne voie. La priorité est donnée aux populations scolaires isolées et défavorisées.
“Une partie très importante du programme est de pouvoir atteindre les enfants des écoles des zones défavorisées, qui sont souvent loin de la route principale”, déclare Madame Casely-Hayford.
Une fois que les écoles sont sélectionnées, la fondation assure une formation spécialisée et une supervision sur place pour les enseignants. Elle fournit aussi des livres et d'autres matériels pour les étudiants. Entre 40 et 50 écoles sont choisies chaque année.
Le programme a donné des résultats impressionnants. Par ses propres sondages sur un échantillon donné d'écoles, le projet a montré que le taux moyen d'alphabétisation de base entre 2002 et 2006 était d'environ 17%. Parmi les élèves qui ont été testés après avoir suivi le programme de 10 mois, le taux moyen d'alphabétisation atteignait 52%.
“Ceci représente un triplement du taux d'alphabétisation”, témoigne Madame Casely-Hayford, faisant remarquer qu'un rapport de 2004 de la Banque mondiale indiquait que l'alphabétisation chez les enfants ghanéens à l'école primaire était extrêmement bas. Selon une estimation de ce rapport, moins de cinq pour cent des élèves maîtrisaient l'anglais en 2000.
Une évaluation faite par le bureau de l'éducation du district a montré que les élèves des écoles qui participaient au programme avaient aussi des résultats exceptionnels dans les questions en langue ghanéenne du BECE, Examen du certificat d'études primaires (Basic Education Certificate Examination).
Le succès du projet découle, selon Madame Casely-Hayford et d'autres personnes, largement de l'utilisation de la langue locale comme langue d'alphabétisation.
“L'expérience des cinq dernières années dans trois groupes de langues, (le twi, l'ewe et le dagbani), a démontré que cette approche accélère les capacités de l'élève à acquérir les compétences basiques d'alphabétisation, et améliore leur confiance en utilisant une approche phonétique et syllabique”, ajoute Madame Casely-Hayford.
Leonard Nubuasah, coordinateur national du programme pour la Fondation Olinga, affirme que beaucoup d'enfants deviennent rapidement alphabétisés durant les neuf mois du programme.
“Les enfants peuvent facilement transférer leurs connaissances de l'alphabétisation de leur propre langue vers la langue anglaise”, explique Monsieur Nubuasah, un ancien enseignant qui a rejoint la Fondation Olinga depuis cinq ans.
Un autre élément clef de l'efficacité du programme est la motivation, qui est engendrée par l'accent mis sur l'éducation morale et l'utilisation des Écrits saints des trois religions principales pratiquées dans la région.
“L'accès aux Écrits saints peut aussi stimuler la transformation individuelle et collective, raconte Mme Casely-Hayford. Cela assure aussi un développement des capacités humaines afin que le potentiel maximum de l'enfant soit réalisé.”
Les valeurs morales discutées dans les manuels sont la patience, l'honnêteté, la véracité, l'amour, l'humilité, l'obéissance, la pureté, la gentillesse et la modestie.
“Nous avons utilisé ces neuf vertus parce qu'elles sont fortement intégrées dans notre société ghanéenne au niveau local, assure Monsieur Nubuasah.
Les prêcheurs chrétiens en parlent, les musulmans en débattent et on les trouve aussi dans la foi bahá'íe. Ce sont les trois religions principales ici et ces vertus sont les briques avec lesquelles se construisent nos enfants.”
Monsieur Nubuasah informe qu'un autre signe de la réussite du projet est le fait qu'environ 75 pour cent des écoles qui ont participé au programme, d'une durée de 9 mois, ont continué à utiliser par la suite la méthodologie. “Nous le savons parce que chaque année nous continuons à fournir les livres à ces écoles et à superviser le programme en visitant chaque établissement deux ou trois fois par an, si elle n'est pas trop isolée.”
L'année dernière, Michael Nsowah, le directeur général intérimaire du Service de l'éducation ghanéen, a rédigé une lettre recommandant que les autres districts du Ghana réfléchissent à l'adoption du programme d'alphabétisation de la Fondation Olinga.
“Les contenus ont été extrêmement efficaces dans les régions où ils ont été utilisés, a déclaré Monsieur Nsowah. Ils ont amélioré les niveaux d'alphabétisation et de lecture et ont introduit des valeurs dans le cadre de l'enseignement. Tous mes bureaux régionaux ont été satisfaits de leur travail. Ils réalisent un grand travail dans des endroits isolés qui sont difficiles d'accès. Ils apportent à la fois du matériel pédagogique et le développement de compétences. C'est une chose importante pour un pays comme le Ghana, qui n'a pas beaucoup d'argent” ajoute Monsieur Nsowah.
Grâce à l'accent mis sur la rigueur budgétaire, le programme a réussi à toucher un grand nombre d'enfants à travers la formation d'enseignants et la fourniture de matériel d'alphabétisation.
D'après Madame Casely-Hayford, le coût de l'ouverture d'un programme dans une nouvelle école et du soutien de l'école pendant une année est d'environ 300 $US.
La plus grosse part du financement du projet provient du Bureau de développement économique et social de la Communauté internationale bahá'íe. Il a aussi reçu des financements de la part de la Canadian International Development Agency, de l'Assemblée spirituelle nationale du Ghana et de la North American Women's Association of Ghana, ainsi que d'autres groupes et individus à travers le monde.
L'accent mis sur les formations spécialisées dispensées aux enseignants est un autre facteur de la réussite du programme.
À ce jour, le programme a formé plus de 350 enseignants de primaire et de collège. La formation poursuit deux objectifs principaux : encourager et former les enseignants à améliorer la qualité de l'éducation dans les écoles à travers un meilleur enseignement de l'alphabétisation et à introduire les concepts d'éducation morale et de transformation personnelle.
Selon Monsieur Nubuasah, de nombreux enseignants manquaient au départ de motivation et de confiance pour enseigner la lecture et l'écriture aux enfants, spécialement en utilisant la langue locale.
“Mais les Écrits saints de la foi bahá'íe parlent expressément de l'importance de l'éducation et du statut des enseignants, dit Monsieur Nubuasah. Cela devient une source de motivation.”
Selon Entwi Bosiako, le directeur de l'école primaire de Gonukrom, la méthodologie enseignée par la Fondation Olinga était simple et facile à utiliser, de même que les manuels.
“Ceci m'a motivé à enseigner la langue ghanéenne, déclare Monsieur Bosiako, qui a 39 ans. Les Ecrits saints utilisés comme bases de réflexion durant les ateliers de formation sont aussi une source d'inspiration et de motivation.”
Les responsables de l'éducation dans le district affirment que la réussite du programme va bien au-delà de la simple promotion de l'alphabétisation.
“Nos élèves avaient des problèmes de lecture, dit Nana Bobbie, directeur assistant du bureau de l'éducation du district de Wassa Amenfi Ouest. Quand Olinga a démarré, nous avons vu les progrès dans les endroits où ils travaillaient. Nous avons aussi vu que les gens commençaient à parler de valeurs, et ça nous a impressionnés. Le travail qu'ils mènent a donc eu un bon impact sur l'éducation dans son ensemble.”
“De plus, les enseignants (…) sont maintenant enthousiasmés par la formation. Je crois que c'est là une autre clef de la réussite de la fondation.”
“Nous apprécions vraiment leur aide, déclare Monsieur Bobbie. La moralité est tombée si bas au Ghana. Cela faisait longtemps que nous cherchions un moyen d'arranger la situation. C'est alors que la Fondation Olinga est venue avec ses livres et ses valeurs. Nous aimons vraiment l'éducation morale qui va de pair avec la campagne d'alphabétisation.”
Helsinki, Finlande, publié le 15 janvier 2008 - Les émissions-débats télévisées utilisent souvent la contradiction comme formule pour augmenter leur audimat, mais un jeune producteur finlandais a créé une toute nouvelle tendance en mettant en place un modèle différent.
Dans son programme du lundi soir, Aram Aflatuni présente un problème, puis avec un groupe d'experts, il tente de le résoudre grâce à la consultation et la coopération.
« Je ne crois pas au journalisme conflictuel, relate-t-il, je ne pense pas que ce soit une manière efficace pour trouver des solutions. »
Son émission d'une durée d'une heure - "Härkää Sarvista" ou "Attraper le taureau par les cornes" - a conclut fin décemblre sa première saison de 15 épisodes. Elle a attiré pas moins de 345 000 téléspectateurs, avec une moyenne de 220 000 spectateurs par épisode, soit un total de 20% d'audience pour cette heure de diffusion.
En Finlande, les émissions de télévision cherchent souvent la confrontation et « Parfois un débat vraiment agressif, nous précise Juho-Pekka Rantala, un cadre qui travaille entre autres pour cette émission. "Härkää Sarvista" est différent. Cette émission recherche de véritables solutions ».
Les téléspectateurs sont invités à soumettre un problème pour une consultation. S'il est choisi, la personne est conviée sur le plateau afin de le présenter au groupe d'experts.
Monsieur Aflatuni, 31 ans, est membre de la foi bahá'íe et explique qu'il essaie d'utiliser le modèle de la consultation bahá'íe comme point de départ pour son émission.
C'est un modèle qui demande aux participants de rester personnellement détachés des idées présentées, étant donné que tout le monde cherche simplement la vérité ou le meilleur résultat. Personne ne "possède" ou ne s'attribue le mérite ou la responsabilité des idées émises pendant la consultation.
« C'est une émission courageuse, car elle est différente », relate Laura Jansson, une psychologue et une spécialiste des relations humaines, qui a déjà participé au programme.
« En principe, le modèle de la consultation est un élément essentiel de la réussite de l'émission, précise Madame Jansson, qui est, elle aussi, bahá'íe.
Mais les téléspectateurs et même les participants méconnaissent généralement les principes, qui sous-tendent cette émission. Toutefois, ce qui est plus évident, ajoute-t-elle, c'est le talent du présentateur à guider la conversation. »
« Les gens dans le monde d'aujourd'hui sont très égocentriques. Ils essaient tous de se mettre en avant et de paraître bon… Aram garde les gens centrés sur le problème et non sur eux-mêmes. »
Immigration, asile, schizophrénie, relations patron/employé, communication interculturelle et problèmes de soins médicaux sont des exemples de sujets qui ont déjà été abordés.
Une semaine, un jeune réfugié d'Érythrée qui était menacé d'expulsion a participé au programme et a souligné sa situation délicate. Pour analyser les solutions, Monsieur Aflatuni avait regroupé un homme de loi, un ecclésiastique, un psychologue, le dirigeant d'une Organisation Non Gouvernementale, un politicien et un autre réfugié.
La discussion a révélé quelques faits et a permis d'obtenir plusieurs idées, incluant des suggestions de la part de l'autre réfugié. Celui-ci proposait que le jeune homme reste dans la clandestinité et évite ainsi d'être expulsé.
Évidemment, les autres membres du groupe ne pensaient pas que ce soit la meilleure idée car entrer en clandestinité est illégal et aussi psychologiquement nuisible.
Le groupe d'experts a suggéré plusieurs façons pour que cet homme puisse rester légalement en Finlande et a aussi discuté de la manière dont il pouvait se préparer à la possibilité d'une expulsion.
Il s'est révélé que, bien que ce jeune immigrant ait un travail, son emploi n'était pas considéré comme un temps plein et ne satisfaisait donc pas les autorités.
Il n'y avait rien qu'un bon avocat ne puisse arranger en parlant aux différentes parties et plusieurs hommes de loi sont venus après l'émission offrir gratuitement leurs services. Monsieur Aflatuni a précisé que ce jeune homme ne fait plus face à une expulsion imminente et que son cas est en train d'être reconsidéré par les autorités.
Plus de détails
Le but de Monsieur Aflatuni, avec ce programme, est non seulement de promouvoir une résolution consultative de dilemmes individuels mais aussi d'ouvrir un regard plus large sur la société.
« L'émission a notamment pour objectif d'attirer l'attention sur des problèmes humanitaires, explique-t-il, ce qui implique parfois de faire pression sur le système actuel » en informant le public de situations difficiles ou d'injustices scandaleuses ».
« Les gens ont une vision très surfaite sur la situation des droits de l'Homme en Finlande », précise encore Monsieur Aflatuni.
Par exemple, un programme inaccoutumé a abordé le sujet des triplés et la difficulté pour les parents de classe sociale modeste de s'en sortir face à la naissance de trois nouveaux-nés.
Une femme de la “Triplet's Association” (Association de triplés), a participé à l'émission et a expliqué qu'il est difficile de s'en sortir sans aide. Les autres invités du plateau étaient un père de trois jeunes triplés, ainsi que des triplés d'une trentaine d'années qui ont décrit leur expérience familiale.
A la suite de cette émission, une municipalité finlandaise a changé sa politique d'aide publique et offre maintenant une assistance, cinq jours par semaine, pour les familles avec trois bébés, explique Monsieur Aflatuni.
Les futurs projets de l'émission
Monsieur Aflatuni est déterminé à continuer d'explorer l'usage de la consultation à la télévision comme moyen de résolution de problème mais il précise tout de même que le défi est difficile.
Il avoue qu'« Il y a une pression sur moi afin que je transforme le show pour qu'il devienne plus conflictuel, mais je pense que ceci tuerait l'esprit et le concept de l'émission. Si nous amenons un élément négatif, nous détruirions le modèle de consultation que nous souhaitons développer ».
Il se souvient d'une émission où il avait invité des médecins et infirmières pour discuter de la crise des soins médicaux, mais l'ambiance était tendue et inévitablement la situation est devenue conflictuelle.
« C'est trop difficile de trouver des solutions dans ces circonstances », nous révèle-t-il.
Il nous précise que son plus grand succès a eu lieu avec un ancien prisonnier, âgé de 32 ans, qui venait d'être libéré de prison, après avoir été condamné à une peine de 10 ans de détention. L'homme semblait sérieux à propos de sa volonté de devenir honnête mais il se sentait très bouleversé par sa dette.
Au cours de l'émission, le groupe d'experts lui a conseillé, pour le moment, de rejeter toutes pensées au sujet de sa dette et de se concentrer sur l'obtention d'un travail. Ils lui ont aussi préconisé de montrer un aspect plus humble de sa personne que celui consistant à cultiver une image de "gros bras" ce qu'il l'aiderait davantage dans le monde du travail.
« Il a toujours un problème de comportement » raconte Monsieur Aflatuni en expliquant que ce jeune homme avait obtenu un travail mais qu'il l'a perdu peu de temps après. « Härkää Sarvista » pourrait revoir son cas et ouvrir une nouvelle discussion afin de rechercher pourquoi les choses ont-elles mal tournées et comment elles pourraient devenir meilleures.
L'idée de suivre une problématique, d'évaluer périodiquement la façon dont les solutions proposées fonctionnent et bien sûr de changer et de réajuster les propositions en cas de besoin, font aussi partie des objectifs de Monsieur Aflatuni pour ce programme.
Il précise que son plus grand défi en tant que producteur vient du fait que ce programme est basé sur un concept qui n'a jamais été utilisé auparavant.
« Nous n'avons pas d'exemple d'une émission semblable à la télévision, nous dit-il. Il aurait été beaucoup plus facile d'utiliser un modèle déjà existant. Toutefois il semble bien que nous sommes ceux, qui sont en train de mettre en place le modèle ».
Genève, publié le 7 février 2008 - Les accusations portées par le gouvernement iranien, affirmant que les 54 bahá'ís étaient engagés dans une propagande « anti-régime » au moment de leur arrestation il y a deux ans, sont manifestement fausses, selon la Communauté internationale bahá'íe.
En novembre dernier, trois personnes de ce groupe ont été à nouveau arrêtées et emprisonnées pour quatre ans. Quant aux autres ils auraient été condamnés à des peines d'un an avec sursis.
« Les bahá'ís arrêtés en 2006, loin de travailler contre le gouvernement, étaient engagés dans un projet humanitaire visant à aider des jeunes défavorisés de la ville de Shiraz », déclare Diane Ala'i, représentante de la Communauté internationale bahá'íe auprès des Nations Unies à Genève.
Mademoiselle Ala'i poursuit : « Les accusations portées par le gouvernement, suggérant qu'il en est autrement, reflètent une nouvelle tentative de répression des bahá'ís iraniens visant à détourner la critique internationale à propos des droits de l'Homme en Iran. »
Selon des communiqués d'agences de presse, les inquiétudes à propos du sort des bahá'ís condamnés à Shiraz se sont concrétisées la semaine dernière après qu'un porte-parole du gouvernement iranien les ait accusés d'être impliqués dans de la « propagande » anti-gouvernementale. (Alors que ces communiqués parlent de 54 arrestations, les sources bahá'íes indiquent que seulement 53 bahá'ís ont été arrêtées en 2006).
Ces accusations de propagande anti-gouvernementales sont apparues plusieurs jours après que le Département d'État des États-Unis et Amnesty International aient manifesté leur inquiétude à propos du fait que trois des bahá'ís arrêtés avaient été sommairement emprisonnés en novembre dernier pour des peines de quatre ans.
Selon l'Agence France-Presse, un porte-parole iranien de la justice, Ali Reza Jamshidi, a confirmé les peines de ces trois personnes, déclarant encore au journaliste le 29 janvier, que 51 autres personnes avait été condamnés à des peines d'un an, assorties d'un sursis à condition qu'elles suivent des cours organisés par l'Organisation de propagande islamique de l'état.
Mademoiselle Ala'i ajoute : « Les récits qui filtrent d'Iran laissent apparaître un gouvernement qui veut désespérément justifier l'emprisonnement de trois innocents en les accusant d'enseigner la foi bahá'íe, ce qui est synonyme de ‘propagande anti-régime' dans la perspective biaisée du gouvernement. Cela est aussi confirmé par l'exigence pour les autres de suivre des séances de rééducation, destinées évidemment à les forcer à se distancer de leur croyance religieuse. »
« Bien qu'enseigner la foi bahá'íe ne puisse en aucune manière être considéré comme un crime, vu la protection accordée à la liberté de religion par le droit international, le fait est que les bahá'ís arrêtés il y a deux ans à Shiraz n'étaient pas engagés dans la propagation de la foi bahá'íe, mais qu'ils avaient plutôt mis en place mis en place des projets d'alphabétisation et de responsabilisation des jeunes à Shiraz ou dans ses environs, auxquels ils participaient. »
« De plus, ce groupe avait présenté ses projets au Conseil islamique de la ville de Shiraz en 2005 et avait reçu une lettre de la Commission culturelle leur donnant la permission de poursuivre leurs activités. »
Mademoiselle Ala'i commente aussi les accusations figurant dans les documents judiciaires, disant que l'utilisation d'un manuel intitulé « Les brises de confirmation » – qui met l'accent sur l'apprentissage des techniques du langage et de principes moraux élémentaires – prouverait que les bahá'ís enseignaient la foi bahá'íe.
« La réalité est tout autre, déclare Mademoiselle Ala'i, les brises de confirmation ne fait aucune référence directe à la foi bahá'íe et ses leçons reflètent les enseignements moraux communs à toutes les religions. »
« Etant donné le mépris continuel du gouvernement iranien face aux appels internationaux pour la libération immédiate des trois prisonniers, il est important de fournir un compte-rendu détaillé afin que les faits soient bien clairs », a encore déclaré Mademoiselle Ala'i.
Les noms des trois personnes en question injustement emprisonnées sont Haleh Rouhi Jahromi, 29 ans, Raha Sabet Sarvestani, 33 ans et Sasan Taqva, 32 ans.
Genève, publié le 31 janvier 2008 - Plus d'un million d'étudiants se présentent chaque année à l'examen d'entrée aux universités iraniennes. C'est ainsi que Halaku Rahmaniyan fut très heureux d'apprendre qu'il avait été classé 76ème.
« J'étais content car je savais que c'était un bon résultat qui me permettait de choisir n'importe quelle matière dans n'importe quelle université » a écrit récemment sur un blog l'étudiant de 18 ans originaire de Téhéran.
Il n'a donc pas compris pourquoi, en décembre, il n'avait toujours été accepté dans aucune université. Monsieur Rahmaniyan a appelé l'organisation nationale d'évaluation et de mesure de l'enseignement (EMEO) et a parlé avec un haut fonctionnaire.
Le fonctionnaire aussi était étonné jusqu'à ce que Monsieur Rahmaniyan dise qu'il était bahá'í.
« Soudain, après le mot bahá'í il a interrompu la communication », écrit Monsieur Rahmaniyan.
Il a reçu ensuite une lettre de l'EMEO. La lettre disait : « Respectueusement, en réponse à votre demande de délivrance d'un certificat de classement pour l'année 2007, nous vous informons que la chose n'est pas possible du fait que votre dossier est incomplet ».
Cette histoire est loin d'être la seule qui nous arrive d'Iran depuis les derniers mois, elle montre bien la dernière tactique adoptée par le gouvernement iranien dans sa campagne de longue date visant à bloquer l'accès des bahá'ís à l'enseignement supérieur. Cette tactique consiste à prétendre que le dossier d'examen est « incomplet ».
Près de 800 étudiants bahá'ís sur plus d'un millier qui ont présenté et réussi l'examen d'entrée en juin 2007, ont reçu la nouvelle que leurs dossiers étaient « incomplets », empêchant ainsi leur accès à l'enseignement supérieur.
Diane Ala'i, représentante de la Communauté internationale bahá'íe auprès des Nations Unies à Genève déclare : « Ces derniers chiffres montrent que, malgré ses dénégations, le gouvernement iranien poursuit sa campagne pour empêcher les bahá'ís d'entrer à l'université.
Mademoiselle Ala'i poursuit : « La tactique consistant à prétendre que les dossiers d'examen des étudiants bahá'ís sont ‘incomplets' est une nouvelle ruse du gouvernement qui fait semblant de respecter les droits de l'homme tout en poursuivant sous le manteau sa persécution des bahá'ís ».
Elle fait remarquer qu'aucun des 900 bahá'ís environ qui ont présenté l'examen en 2006 n'ont reçu un avis pour « dossier incomplet.
« Cette nouvelle nous attriste particulièrement et ne fais que confirmer l'importance de la mobilisation des bahá'ís étudiants et universitaires à travers le monde et en France pour que cesse cette discrimination intolérable. » ajoute Brenda Abrar, porte-parole des bahá'ís de France.
Depuis plus de 25 ans, l'Iran a refusé l'accès des bahá'ís aux universités publiques et privées. Suite aux pressions des Nations Unies, de gouvernements, d'organisations académiques, éducationnelles et de droits de l'homme, le gouvernement iranien a indiqué en 2004 qu'il cesserait de demander aux candidats à l'université leur affiliation religieuse, ce qui semblait ouvrir la voie à l'inscription de bahá'ís. Chaque année depuis lors, le gouvernement a cependant imaginé d'autres types d'obstructions, tout en poursuivant activement une campagne visant à identifier tous les bahá'ís d'Iran, ce qui en conséquence leur permettait de viser les étudiants universitaires bahá'ís.
Pour plus d'informations sur la situation des étudiants iraniens Interdits d'apprendre : http://www.bahai.fr/interditsdapprendre
Genève, publié le 30 janvier 2008 - A la suite de la prise de position du Département d'Etat américain appelant à la libération d'iraniens bahá'ís illégalement emprisonnés, Amnesty International vient de lancer une action urgente en leur faveur.
« Nous nous réjouissons de cette mobilisation internationale et espérons, qu'avec le soutien des défenseurs des droits de l'homme à travers le monde et en France nos corréligionnaires puissent être rapidement libérés. » a déclaré Brenda Abrar, porte-parole des bahá'ís de France.
Les trois prisonniers ont été incarcérés à Shiraz, en Iran, en novembre dernier. Ils purgent une peine de quatre ans de prison pour des faits entièrement liés à leur croyance et à leur pratique de la foi bahá'íe.
« Nous enjoignons au régime de relâcher tous ceux qui sont détenus sans jugement équitable, y compris les trois jeunes enseignants bahá'ís enfermés dans un centre de détention du Ministère du renseignement à Shiraz » a déclaré le 23 janvier 2008 Sean McCormack, porte-parole du Département d'Etat américain.
Amnesty International a lancé son appel le 25 janvier. Il y est demandé aux défenseurs des droits de l'Homme à travers le monde d'écrire directement aux autorités du gouvernement iranien en faveur des prisonniers bahá'ís, leur demandant les raisons de leur emprisonnement et en enjoignant aux autorités de ne pas leur faire subir de mauvais traitements ni de tortures.
« Haleh Rouhi Jahromi, Raha Sabet Sarvestani et Sasan Taqva, tous bahá'ís (une minorité religieuse), sont détenus par le Ministère du renseignement à Shiraz depuis le 19 novembre 2007 », lit-on dans l'appel qui a été mis sur le site web d'Amnesty International le 25 janvier 2008.
« Veuillez envoyer des appels aussi rapidement que possible, en persan, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue, conseille l'appel, selon lequel que Amnesty International les considére comme prisonniers de conscience s'ils sont détenus en raison de leur foi bahá'íe… demandant leur libération s'ils ne sont coupables d'aucune offense criminelle reconnue et s'ils ne sont pas jugés rapidement et équitablement » et « appelant les autorités à ne pas les torturer ni leur appliquer de mauvais traitements… ».
L'appel d'Amnesty International retrace l'histoire des trois prisonniers qui faisaient initialement partie d'un groupe de 54 bahá'ís arrêtés en mai 2006 alors qu'il participaient à une action éducative en faveur d'enfants défavorisés à Shiraz.
La plupart des 54 personnes furent libérées après quelques jours, alors que Mesdemoiselles Rouhi et Sabet et Monsieur Taqva restèrent emprisonnés pendant un mois environ. 53 parmi eux se sont vu notifier par un tribunal local qu'ils étaient accusés de « crimes liés à la sécurité de l'état », selon l'appel.
Mesdemoiselles Rouhi et Sabet et Monsieur Taqva furent de plus condamnés à quatre ans de prison, mais libérés sous caution. C'est le 19 novembre 2007 que ces trois personnes ont reçu un appel téléphonique leur demandant de se rendre au bureau du Ministère de l'information de Shiraz pour retirer des objets qui leur avaient été confisqués lors des arrestations de mai 2006. Au lieu de cela ils ont été incarcérés.
« Comme ils ne rentraient pas chez eux, des membres de leurs familles qui les avaient accompagnés, reçurent des fonctionnaires du renseignement des informations contradictoires, poursuit l'appel, les fonctionnaires essayèrent de prétendre que les trois personnes n'étaient pas entrées dans le bâtiment alors que leurs proches les y avaient vus entrer. Finalement, les proches furent informés que les trois convoqués étaient toujours détenus au bureau du Ministère du renseignement à Shiraz ».
L'appel donne l'âge des prisonniers : Mademoiselle Rouhi, 29 ans, Mademoiselle Sabet, 33 ans, Monsieur Taqva, 32 ans.
Selon le site web d'Amnesty International, les actions urgentes sont transmises à un réseau de plus de 100 000 défenseurs des droits de l'Homme dans 70 pays.
Diane Ala'i, représentante de la communauté internationale bahá'íe aux Nations Unies à Genève, a déclaré que la communauté internationale bahá'íe s'inquiète fortement du sort des trois prisonniers bahá'ís.
« Nous espérons que l'appel à une action urgente d'Amnesty International, qui est un signal de la part des défenseurs des droits de l'Homme à travers le monde et la déclaration du Département d'état des Etats-Unis, aideront à mettre un terme à ces injustes détentions, a-t-elle déclaré ».
Selon Mademoiselle Ala'i, l'appel vient à point nommé car Monsieur Taqva souffre d'une blessure à la jambe consécutive à un accident de circulation juste avant son emprisonnement et que son état requiert un suivi médical.
« Le problème à sa jambe est extrêmement sérieux et douloureux, il semble qu'il doive subir une intervention chirurgicale pour extraire une broche métallique placée précédemment. »
Selon Mademoiselle Ala'i les préventions retenues contre les trois personnes, plutôt que de ressortir d'un souci légitime relatif à la « sécurité de l'état », proviennent entièrement des accusations du tribunal selon lesquelles les bahá'ís avaient été impliqués dans de « l'enseignement indirect » de la foi bahá'íe.
« En fait, déclare Mademoiselle Ala'i, les trois personnes étaient engagées dans une action d'aide à des enfants défavorisés de leur ville au moyen d'un programme de formation qui met en avant les vertus morales ».
« C'est ahurissant que le gouvernement d'Iran en arrive à considérer que de tels efforts puissent constituer une menace quelconque et tout à fait injustifié que de telles activités conduisent à de longues peines de prison ».
Toujours selon Mademoiselle Ala'i : « Il ne fait aucun doute que les trois personnes sont des prisonniers de conscience, détenus uniquement à cause de leur croyance et de la pratique de la foi bahá'íe ; nous le savons parce que, parmi ceux qui ont été arrêtés en mai 2006, se trouvaient quelques personnes qui n'étaient pas bahá'íes. Elles furent relâchées en moins d'un jour et aucune charge n'a été retenue contre elles. »
Le Département d'état américain a aussi pris note de la « mort dans des circonstances suspectes », le 6 janvier, de Ebrahim Lotfallahi, étudiant iranien d'origine kurde, détenu par le Ministère du renseignement.
« Nous demandons aux autorités iraniennes d'ouvrir une enquête approfondie » a déclaré Monsieur McCormack. Il a aussi exprimé des inquiétudes quant à la poursuite de la détention de trois étudiants de l'université Amir Kabir.
Le Caire, publié le 30 janvier 2008 – Un tribunal administratif de première instance a rendu hier son verdict dans deux affaires concernant la pratique du gouvernement égyptien en matière d'appartenance religieuse et de documents d'identité.
Le tribunal de justice administrative du Caire a reconnu la validité des arguments avancés dans deux affaires concernant des bahá'ís qui cherchaient à rentrer dans leurs droits de citoyens en demandant de pouvoir laisser en blanc la case relative à l'affiliation religieuse dans les documents officiels.
« Etant donné la place que prennent les cas de liberté religieuse dans les questions des droits de l'homme au Moyen-Orient, le monde devrait se réjouir du verdict rendu dans ces deux affaires aujourd'hui », a déclaré Bani Dugal, représentante principale de la Communauté internationale bahá'íe aux Nations Unies.
« Nous nous réjouissons de cette bonne nouvelle pour nos corréligionnaires égyptiens en espérant que décision soit exécutée par le Gouvernement égyptien et que cette approche soit confirmée par le Conseil d'Etat. » ajoute Brenda Abrar, porte-parole des bahá'ís de France.
Selon Madame Dugal : « Le compromis avancé par les bahá'ís dans ces deux affaires ouvre la porte à une façon de composer avec une directive gouvernementale, manifestement incompatible aussi bien avec la loi internationale qu'avec le bon sens. »
« Nous espérons maintenant que le gouvernement mettra rapidement à exécution la décision du tribunal et permettra à nouveau aux bahá'ís de jouir de tous leurs droits de citoyens auxquels ils pouvaient légitimement s'attendre. »
Les verdicts de ce jour concernaient deux affaires, introduites par des bahá'ís, traitant de la façon dont il fallait les identifier sur les documents officiels.
Le premier cas concernait un procès intenté par le père de jumeaux qui voulait obtenir un certificat de naissance correct pour ses enfants. Le second était celui d'un jeune étudiant qui avait besoin d'une carte d'identité nationale pour se réinscrire à l'université.
Le gouvernement exige que tous les documents d'identité mentionnent l'appartenance religieuse tout en restreignant le choix aux trois religions officiellement reconnues : l'islam, le christianisme et le judaïsme. De cette façon les bahá'ís n'arrivaient pas à obtenir de documents d'identité puisqu'ils refusent de mentir au sujet de leur affiliation religieuse.
Sans carte d'identité, ou de certificat de naissance, comme dans le cas des jumeaux, les bahá'ís et d'autres, pris dans les exigences contradictoires de la loi, se retrouvaient privés d'un grand nombre de droits accordés aux citoyens, comme l'accès à l'emploi, à l'éducation, aux services médicaux et financiers.
Ces problèmes furent mis en lumière dans un rapport que Human Rights Watch et l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), basée au Caire, ont publié en novembre dernier.
Ce rapport mentionne : « Selon la loi, les employeurs tant publics que privés ne peuvent engager une personne sans carte d'identité et les institutions académiques exigent ce document à l'inscription. Pour obtenir la permission de se marier ou un passeport, il faut un certificat de naissance ; l'héritage, la pension et les avantages consécutifs au décès d'un parent requièrent un certificat de décès. Le Ministère de la santé a même refusé de procéder à la vaccination de certains enfants bahá'ís parce que le Ministère de l'intérieur ne prétendait pas leur délivrer de certificat de naissance qui mentionnaient correctement leur religion bahá'íe. »
La délivrance de certificats de naissance est au cœur de la première affaire qui concerne les jumeaux de 14 ans Imad et Nancy Rauf Hindi. Leur père, Rauf Hindi, avait obtenu lors de la naissance de ses enfants des certificats qui reconnaissaient leur affiliation bahá'íe.
Mais de nouvelles dispositions impliquent la production informatique des certificats et le programme ne permet pas d'autre affiliation religieuse que celle des trois religions officiellement reconnues. Sans certificat de naissance, les enfants ne peuvent s'inscrire à l'école en Egypte.
La deuxième affaire avait été introduite par l'EIPR en février 2007 au nom de Hussein Hosni Bakhit Abdel-Massih, un jeune homme de 18 ans qui avait été suspendu de l'Institut supérieur d'assistance sociale de l'université du Canal de Suez en janvier 2006, du fait qu'il ne pouvait obtenir de carte d'identité, refusant de s'identifier faussement soit comme musulman, chrétien ou juif.
Dans les deux cas, les avocats représentant les bahá'ís, ont fait clairement savoir qu'ils voulaient bien s'accommoder de cartes ou de documents où le champ relatif à l'affiliation religieuse serait laissé vide ou rempli avec peut-être la mention : « autre ».
La solution proposée ici fait que ces deux affaires diffèrent de celle que le Conseil d'Etat égyptien avait rejetée l'an dernier. Dans sa décision, le Conseil d'Etat avait annulé une décision de première instance qui donnait aux bahá'ís le droit d'être correctement identifiés sur les documents officiels.
Nations Unies, publié le 22 janvier 2008 - Début décembre 2007, des gouvernements et des représentants de la société civile ont demandé, lors d'une table ronde, une attention renouvelée sur le problème de la prévention de la violence envers les femmes.
Le débat était organisé par la Communauté internationale bahá'íe et la Fondation des enfants chrétiens (Christian Children's Fund) en coopération avec les missions des Nations Unies de France et des Pays-Bas. Il s'est concentré sur les moyens permettant aux communautés nationales et locales du monde entier d'intensifier leurs efforts afin d'éliminer toutes les formes de violence envers les femmes.
« Malgré des progrès importants, la violence envers les femmes et les filles continue à être un problème mondial, explique Fulya Vekiloglu, directrice du Bureau de la communauté internationale bahá'íe pour l'avancement de la femme, en fait, le travail pour organiser ce débat est une façon d'aider à garder ce thème à l'agenda des organisations gouvernementales et non-gouvernementales et de porter particulièrement notre attention sur la mise à exécution des récents accords internationaux destinés à combattre et à prévenir la violence envers les femmes. »
Le panel comprenait Fabien Fieschi, premier secrétaire de la Mission Permanente de la France aux Nations unies, Hedda Samson, première secrétaire de la Mission Permanente des Pays-Bas aux Nations Unies, Mike Wessells, Haut Conseiller à la protection des enfants de la Fondation des enfants chrétiens et Michael L. Penn, professeur associé de psychologie au collège Franklin et Marshall, qui représentait la Communauté internationale bahá'íe.
La modératrice des débats et discussions était Carolyn Hannan, Directrice du Département des Nations Unies pour l'avancement de la femme, UN/DESA.
Monsieur Fieschi a souligné l'importance de la résolution, approuvée en 2006 par l'Assemblée Générale des Nations Unies qui appelait les gouvernements et les sociétés civiles à prendre des mesures radicales afin d'éliminer la violence envers les femmes. « La résolution de 2006 a été intensément négociée, a-t il relaté, mais elle a toutefois été adoptée par consensus. Elle a aussi reconnu le rôle important de la société dans le combat contre la violence envers les femmes. »
Mademoiselle Samson a fait remarquer que la résolution de 2006 donne des obligations importantes aux états dans le but de « prévenir, rechercher et punir » la violence envers les femmes.
Elle a toutefois fait remarquer que cette résolution met aussi l'accent sur des mesures préventives, telles que, entre autres, la formation des personnels médicaux, des enseignants ou encore du personnel du maintien de l'ordre.
Monsieur Wessells a souligné l'importance de l'engagement des dirigeants et responsables religieux et communautaires dans les efforts visant à changer les normes sociales qui permettent à la violence envers les femmes et les filles de s'exprimer.
Les communautés et les comportements établis peuvent être « d'importants obstacles » à la réduction de la violence envers les femmes, mais les « communautés peuvent également être un soutien vital pour les femmes » a-t il exposé.
Le Dr. Penn s'est exprimé sur l'importance des stratégies visant à changer les anciens modes de pensée des hommes, des garçons et des communautés.
Il a en particulier souligné que les mesures légales pour éliminer la violence envers les femmes devraient être accompagnées par des initiatives locales, nationales et internationales qui cultivent et inspirent l'esprit humain et développent une conscience de « dignité et de noblesse chez tous les peuples ».
Selon lui, chacun a une responsabilité dans la lutte contre les pratiques et les comportements qui conduisent à la violence envers les femmes. A titre d'exemple, il a évoqué le problème de la pornographie qui devient une forme légitime acceptée de divertissement.
« La tendance à promouvoir et à commercialiser la pornographie à travers le monde est une tendance qui devrait préoccuper les gouvernements, les ONG, et les communautés locales, a ajouté le Dr. Penn. Un grand nombre d'études a démontré que la pornographie socialise les hommes dans des formes de relation avec les femmes et les filles qui sont dangereuses pour leur santé psychologique, sociale, physique et morale. »
Bunisi, Papouasie-Nouvelle-Guinée, publié le 15 janvier 2008 - Dans le village isolé de Bunisi dans la province de Milne Bay en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Votre entrée à l'école ne dépend pas de votre âge mais de votre capacité à aller et revenir à pied de l'école.
Chaque matin, les enfants marchent pendant deux heures, descendant les 610 mètres de dénivelé qui mènent à l'école primaire de Ikara. Et chaque après-midi, ils les remontent pour rentrer. Pas facile pour un enfant de 7 ans !
« Quand enfin les enfants arrivent à l'école, ils sont épuisés, explique Jalal Mills, un bahá'í qui connaît bien le système scolaire à Bunisi. Puis ils sont censés se concentrer pendant la classe et étudier. »
Mais la situation est en train d'évoluer, tout du moins pour le CP et le CE1. En septembre 2007, l'école primaire de Bunisi, qui jusqu'à récemment servait uniquement de maternelle, a créé deux nouvelles classes.
Sous la direction de la communauté bahá'íe de Bunisi, l'école accueille en maternelle et maintenant en CP et CE1 des élèves venant d'une douzaine de villages avoisinants, couvrant une région avec une population d'environ 1 000 habitants. Les élèves proviennent de différentes origines religieuses.
« Les gens sont heureux que les bahá'ís les aient aidés à construire une école afin d'assurer l'éducation des garçons et des filles de la région », a déclaré Kessia Ruh, qui est venue en hélicoptère de Rabaul afin de participer à l'inauguration des nouvelles classes en septembre.
L'école a été mise en place en 1995 par les bahá'ís locaux qui étaient préoccupés par le manque de possibilité d'éducation pour leurs enfants. Ils ont commencé avec une maternelle et ont consacré l'année dernière à mettre en place les nouvelles classes. Ils espèrent étendre davantage l'école, peut-être en y ajoutant chaque année une nouvelle classe. Quelques 50 bahá'ís vivent à Bunsi ainsi qu'une autre petite centaine dans les environs.
L'enseignement à l'école se fait dans la langue locale, le umaikana, parce que c'est la norme dans le pays pour les trois premières années scolaires. Les élèves paient l'équivalent de 3 dollars américains par an et, s'agissant d'une école d'état, les fonds publics paient 99 dollars américains par an et par enfant.
L'école a trois enseignants qui se partagent les classes accueillant ainsi au total quelques 75 enfants. Deux des enseignants sont bahá'ís, mais la plupart des élèves ne le sont pas. L'instruction religieuse est limitée à des périodes déterminées et plusieurs religions sont enseignées.
Même pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Bunisi est isolé. Situé à 1 500 mètres au-dessus du niveau de la mer près de la région de Milne Bay dans la partie orientale du pays, Bunisi ne se trouve pas sur la plupart des cartes – c'est juste l'un des nombreux petits villages qui pointillent la région. Le village le plus proche avec l'électricité et l'eau courante est Rabaraba, une station côtière située à environ deux jours de marche à travers les montagnes.
Bunisi n'a pas d'électricité, pas d'eau courante et pas de services de télécommunication. La plupart des habitants sont des fermiers pratiquant une activité de subsistance.
En plus de Mademoiselle Ruh, les autres invités d'honneur présents à l'inauguration étaient le chef Sigeru Buapa de la région de Bunisi et le directeur de l'école primaire de Ikara, où les enfants plus âgés de la région continueront à aller en classe.
Tous les invités se sont joints, pour chanter et danser, aux habitants du village et aux centaines de visiteurs de la région qui avaient grimpé jusqu'à Bunisi afin de participer aux festivités.
Le terrain pour l'école a été offert par le chef du village.
« Avant, j'utilisais ce terrain pour chasser le cuscus (sorte de possum) et maintenant je le donne aux générations futures pour la chasse à l'éducation », a-t-il dit au cours de la cérémonie d'inauguration des nouvelles classes.
Mississauga, Ontario, Canada, publié le 11 janvier 2008 - Thomas Homer-Dixon, auteur du best-seller canadien « The Upside of Down » a passé beaucoup de temps à analyser le monde d'aujourd'hui. Sa conclusion, dit il, est effrayante.
« Nous avons véritablement des ennuis », a-t il déclaré au cours de la 31ème conférence annuelle de l'Association pour les études bahá'íes d'Amérique du Nord qui s'est tenue, près de Toronto et qui a rassemblé plus de 1200 personnes originaires de 16 pays.
Selon lui, cinq pressions énormes pèsent lourdement sur l'humanité :
Ces problèmes sont amplifiés actuellement en raison de l'interconnexion des peuples ainsi que de l'accroissement de la capacité de destruction.
Les gens veulent se tourner vers de supposés experts pour les diriger - en finance, en science - s'imaginant que quelqu'un, au plus haut niveau, est sensé connaitre la réponse, ajoute-t-il.
« Mais des indices laissent à croire que les experts ne savent pas réellement ce qui se passe », déclare le professeur Homer-Dixon, qui est aussi le directeur du Centre Trudeau pour les études sur la paix et les conflits à l'université de Toronto.
Bien que n'étant pas membre de la foi bahá'íe, le professeur Homer-Dixon se dit en accord avec les bahá'ís quant au fait que les individus doivent prendre connaissance des problèmes et des solutions plutôt que d'attendre que les leaders leur présentent des stratégies "venant d'en haut".
"Il est temps pour nous de cesser d'attendre des autres qu'ils s'occupent de nous tels des chevaliers blancs, estime-t-il. Alors que le pouvoir a descendu les échelons de la hiérarchie sociale, les responsabilités liées à l'exercice de ce pouvoir ont également descendu ces échelons."
La connaissance est un élément clé, a-t il déclaré à ses auditeurs, dont beaucoup étaient des universitaires, des érudits ou des professionnels hautement qualifiés.
Des enquêtes ont montré, a-t il mentionné, qu'un nombre important d'Américains en âge d'étudier au collège ne savent pas que la terre fait le tour du soleil en un an.
« Comment pouvez-vous tenir une conversation sur le changement climatique avec quelqu'un qui ne sait pas cela ? » s'interroge-t-il.
Bien que le professeur Homer-Dixon porte un jugement pessimiste sur les crises dans ce monde, il recherche l'espoir dans ce qu'il nomme « catagénèse » - la renaissance à travers la crise.
« C'est une occasion pour vous, les bahá'ís », a-t il déclaré, avançant la citation des écrits de Bahá'u'lláh sur le thème de la connaissance et de l'espoir : « La connaissance est comme des ailes pour la vie de l'homme et une échelle pour son ascension. […] Néanmoins, il faudrait acquérir la connaissance des sciences qui sont profitables aux peuples de la terre, mais non de celles qui commencent par des mots et finissent par des mots. »
Cliquez ici pour lire le rapport du Canadian Bahá'í News Service sur cette conférence de l'Association pour les études bahá'íes.
(Sandra Bean a contribué à cet article)
Blumenau, Brésil, publié le 8 janvier 2008 - « Rester positif ! » : tel est le slogan du succès de Shideh Granfar, l'animatrice d'une émission de débats pour les femmes.
Elle se souvient de l'époque où, sous l'œil de la caméra, un cafard se promenait sur de la nourriture, menaçant ainsi la réputation du restaurant objet du reportage.
Elle retourna rapidement la situation par une plaisanterie, puis dirigea les caméras vers un coin mal rangé du studio, montrant ainsi que le cafard n'était pas de la faute du restaurateur.
« J'ai expliqué aux téléspectateurs que la nourriture était restée longtemps dans les studios et que ceux-ci n'étaient pas les endroits les plus propres, raconte-t-elle. Je les ai rassurés en leur disant que les standards de propreté du restaurant étaient réellement différents. Puis, j'ai fait un tour des studios avec le cameraman pour montrer aux téléspectateurs que, même si le plateau paraissait beau, les studios, c'était une autre histoire. »
« L'épisode a été un succès et tout le monde en a parlé, poursuivit-elle. Le restaurateur était content aussi. »
Shideh - tous les téléspectateurs l'appellent par son prénom - a animé plus de 500 épisodes de Mulheres (femmes en portugais) pour TV Galega. Cette année, elle a été citée par l'agence locale de l'Office national brésilien de la formation commerciale pour services exceptionnels rendus par une femme dans le domaine de la communication et des arts.
« Shideh est une de ces personnes que l'on voudrait toujours avoir à ses côtés : pour son rire, pour sa joie de vivre, pour sa façon de considérer qu'il y a une solution à tout, que le chemin difficile est simplement le « chemin le moins facile », disait Walter Ostermann, un éminent éditorialiste d'un journal local, présent lors de la cérémonie de remise de récompense à Shideh.
En fait, Shideh, qui est créatrice, productrice, directrice et animatrice de son programme, est connue pour son rire contagieux et sa capacité à donner un tour positif à tout ce que la vie lui réserve.
Sa conception de la vie, explique-t-elle, vient de sa pratique de la foi bahá'íe. « En tant que bahá'ís, nous croyons en ce qu'il y a de meilleur dans l'homme. Avec les participants de mon émission, j'essaye de faire en sorte qu'ils se sentent bien. Je n'essaye pas de les coincer et qu'ils apparaissent sous leur mauvais jour. Nous essayons de faire ressortir le meilleur de ce que les gens ont à donner. Je pense que l'émission est un modèle de positivisme, particulièrement pour les femmes. »
Les sujets que Shideh traite dans son émission ont un rapport direct avec sa croyance religieuse.
« L'émission Mulheres se rapporte à la foi bahá'íe à travers les sujets que nous choisissons. Ils abordent le développement et l'amélioration de la qualité de vie des femmes, dit-elle. Les écrits bahá'ís parlent beaucoup de ces problèmes. Nous avons également un éditorial d'ouverture dans lequel nous utilisons des pensées, des prières et des documents des écrits de la foi bahá'íe qui ont un rapport avec le thème du jour. »
Elle voit le rôle de l'émission comme celui d'une expérience enrichissante pour les téléspectateurs, étant donné qu'elle pense que les gens ont tendance à être mécontents de nombreux aspects de leur vie.
« Lorsque vous leur montrez des choses bonnes et positives, les gens aiment ça tout simplement, dit-elle. Ils sont si reconnaissants et me disent « Vous riez tout le temps ! » Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que leur donner l'opportunité de voir le bien dans la vie est ce qui me rend heureuse. »
Elle pense que c'est cette attitude optimiste et ses opinions sur l'égalité entre les hommes et les femmes qui ont conduit le propriétaire de TV Galiega, Altair Carlos Pimpao, à l'engager, il y a 10 ans. L'émission à lieu à Blumenau, une ville de 300 000 habitants dans le sud du Brésil.
Monsieur Pimpao, qui avait vu Shideh animer une réunion bahá'íe, avait trouvé qu'elle s'exprimait bien et était une animatrice née. Il a réalisé, par dessus tout, qu'elle et d'autres bahá'ís croyaient fermement à la promotion de la femme et à l'égalité des sexes. Il n'est pas bahá'í, mais il a compris qu'à cause de leurs croyances et de leurs idées, c'était le genre de personnes dont il avait besoin pour sa nouvelle émission.
Les invités du programme d'une heure sont souvent des experts locaux dans les domaines de l'éducation et de la santé. Le débat se centre sur la façon dont les problèmes se rapportent aux femmes bien que, dit Shideh, l'audimat montre que la moitié de ses téléspectateurs sont des hommes.
« Les hommes sont curieux et intéressés par les sujets concernant les femmes, remarque-t-elle. Les hommes essayent de comprendre le monde des femmes, nos rêves et nos buts dans la vie et ils peuvent avoir ainsi de meilleures relations avec nous. C'est formidable de voir que tant d'hommes sont intéressés... En cours de l'émission, nous prenons des appels d'hommes qui nous demandent des renseignements pour leurs femmes et leurs amies. En agissant ainsi, ils contribuent au développement des idées et, en même temps, élargissent leur propre vie et leurs relations. »
Mulheres est diffusée en direct le mardi soir. Les téléspectateurs peuvent nous appeler pour poser des questions et faire des commentaires. La bande enregistrée de chaque programme est rediffusée les mercredi et dimanche et l'émission peut être vue sur internet sur le site Jump TV.
« Animer l'émission a été une expérience gratifiante, dit Shideh. C'est fou, je peux avoir eu la pire journée de ma vie, dès que j'entre dans le studio je suis heureuse et souriante. »
Shideh, qui a été mariée pendant 26 ans et a 2 enfants, voyage fréquemment. Elle dit qu'à travers ses voyages, elle a appris quelque chose qu'elle essaye de faire partager dans son émission : « L'humanité est l'humanité où que l'on aille, dit-elle. Tout le monde cherche le bonheur. »
Kampala, Ouganda, publié le 5 janvier 2008 - Après cinq décennies décevantes de tentatives de développement socio-économique, un groupe d'Ougandais s'est réuni afin d'analyser les expériences passés et rechercher d'autres approches plus efficaces.
Un groupe représentatif de dirigeants communautaires, de responsables politiques et d'éducateurs partagent leurs réflexions dans un nouveau film qui, a été présenté en première à Kampala le mois dernier, devant un public, comprenant l'ancien Premier Ministre Kinto Musoke et d'autres dignitaires.
« Le développement n'a pas tenu ses promesses », déclare l'homme d'affaires Gimoro Laker-Ojok au début du film qui s'intitule “Ouvrir un espace – Le discours sur la science, la religion et le développement en Ouganda”.
« Dans les années 50 et 60, les disparités entre les riches et les pauvres en Ouganda n'étaient pas aussi marquées, poursuit Daisy Namono de "CELSOL Consulting Services", il est donc nécessaire de rechercher ce qui n'a pas fonctionné. »
Selon le Révérend Sam Ebukalin qui travaille avec un programme appelé Yiga Ng' Okola (Apprenez en travaillant) : « Le développement a, pendant les 50 dernières années, manqué ses objectifs. … Que manque-t-il ? »
« Dans certains cas, nous avons besoin de revenir à la case départ », explique Elizabeth Kharono, coordinatrice de programme pour "Living Earth Uganda".
Produit par l'Institut d'études pour un monde prospère ("Institute for Studies in Global Prosperity"), association à but non lucratif associée à la Communauté internationale bahá'íe, le film développe ensuite l'argument que les programmes de développement ont tendance à considérer les pauvres comme “des ramassis de besoins” plutôt que comme "des contributeurs à la recherche de solutions".
« Ils jugent les pauvres comme des gens qui n'ont rien à offrir », atteste Basil Wanzira de la Fondation pour le développement communautaire et l'atténuation de la pauvreté ("Poverty Alleviation Community Development Foundation").
“Ouvrir un espace” promeut l'idée que les gens ne doivent pas être considérés comme des bénéficiaires passifs d'assistance, mais plutôt qu'ils devraient aider à formuler des plans d'action et ainsi être eux-mêmes vecteurs de changements. Et ils devraient pouvoir le faire en utilisant à la fois les connaissances acquises de la science et de la religion.
« Il est nécessaire d'acquérir une participation plus large, précisément de la part de ceux qui seront concernés par la procédure, explique dans le film le docteur J.J. Otim, conseiller présidentiel pour l'agriculture, nous croyons maintenant fermement en Ouganda que si le gouvernement désire mettre en place un projet, il doit alors suivre une approche participative, […] il ne doit pas être conçu dans des bureaux. »
Quelques autres thèmes clés apparaissent dans le film.
La sortie du film le 30 octobre 2007 a attiré plus de cent personnes. En plus de Kinto Musoke l'ancien Premier ministre, étaient aussi présents Sita Masamba, le directeur de UNAFRI et John Mitala, chef du service civil ougandais.
Rebecca Kadaga, députée, porte-parole du parlement, a prononcé le discours d'ouverture, en disant que les idées proposées dans le film étaient tellement convaincantes qu'elle ferait en sorte que tous les membres du parlement puissent voir le film.
« Il y avait beaucoup d'enthousiasme autour des possibilités que ce dialogue pourrait offrir, a déclaré George Olinga du Bureau Ougandais Bahá'í des Affaires Extérieures, Ce DVD a suscité de nombreuses idées nouvelles et différentes autour de la manière de penser le développement. »
Selon le docteur Haleh Arbab, directeur de l' l'Institut d'études pour un monde prospère (Institute for Studies in Global Prosperity) il existe désormais en Ouganda quatre groupes de travail qui discutent du développement tel qu'il pourrait être mis en oeuvre en se basant sur les concepts énoncés dans le film.
« Nous souhaitons que les gens ne deviennent pas des consommateurs des programmes établis offerts par les organisations de développement, mais qu'ils deviennent des créateurs, des preneurs de décisions », ajoute-t elle.
L'Institut qu'elle dirige a promu, le dialogue sur le thème de la science, de la religion et du développement dans plusieurs pays et notamment en Inde, en sus de l'Ouganda, dans le cadre de sa mission d'explorer de nouveaux concepts et modèles de transformation sociale.
Brisbane, Australie, publié le 28 décembre 2007 - “Respect : un voyage musical des femmes” retrace l'historique des mouvements féministes à travers des paroles de chansons
Dorothy Marcic, consultante en management, a toujours essayé de rendre ses séminaires aussi distrayants qu'instructifs. Cette fois elle s'est surpassée.
Elle a choisi un exposé sur l'égalité des sexes, y a ajouté des chansons du Top 40 qui reflètent la condition féminine et elle en a fait un spectacle digne de Broadway.
Cette comédie musicale a été jouée avec succès dans une demi-douzaine de villes des Etats-Unis et les représentations données à Boston, Detroit et Atlanta ont même joué les prolongations. Une première internationale a eu lieu en Australie. Quelques 600 000 personnes ont vu cette comédie et chaque jour voyait affluer davantage de spectateurs.
Il y a une centaine d'année, les chansons populaires sur les femmes visaient à refléter leur dépendance aux hommes, explique Dorothy Marcic, ancienne professeur d'université, et le plus souvent, ce n'étaient pas les femmes qui chantaient ces chansons, mais bien les hommes.
« Ce n'est pas avant les années 20 que les femmes se sont mises à chanter tous les styles de chansons », a-t elle ajouté, faisant remarquer que cela coïncidait avec l'obtention du droit de vote des femmes aux Etats-Unis ainsi que dans d'autres pays.
La chanson la plus ancienne de sa comédie musicale, intitulée “Respect”, a pour titre "Bill Bailey, Won't You Please Come Home" - Bill Bailey, je t'en prie reviens à la maison - elle date de 1902. Le texte raconte comment la femme de Bill Bailey l'a jeté dehors, apparemment parce qu'il la frappait, puis ensuite qu'elle "moans the whole day long “- gémit toute la journée - pour qu'il revienne à la maison. Et la chanson poursuit avec "I'll do the cookin', darlin', I'll pay the rent, I know I done you wrong", c'est à dire "Chérie, je ferai la cuisine, je paierai le loyer, je sais que je t'ai fait du mal”.
La mélodie "I Wanna Be Loved by You" - Je veux être aimée par toi - est sortie en 1928 et devint très célèbre comme chanson du dessin animé Betty Boop.
« En principe, la teneur de cet air dit que la seule chose que je veux dans la vie est de réaliser tes désirs, relate Madame Marcic, ajoutant que le même thème apparaît dans beaucoup de chansons, jusque dans les années 60. Il y a eu une exception temporaire dans les années 40 lorsque les hommes sont partis à la guerre et que les femmes ont pris la relève en travaillant dans les entreprises et les bureaux. Mais après la guerre, quand les hommes sont revenus, les femmes ont perdu leur emploi et ont été renvoyées à la cuisine. »
La domesticité féminine a continué jusque dans les années 50. "If I Knew You Were Comin' I'd've Baked a Cake" – Si j'avais su que tu venais, j'aurais fait un gâteau - est une célèbre chanson de cette époque. Mais, fait remarquer Madame Marcic, c'était aussi la décennie du fameux refus de Rosa Park de laisser sa place à l'avant d'un bus de l'Alabama et cet évènement a inspiré un nouveau sentiment parmi les femmes.
"You Don't Own Me" - Je ne t'appartiens pas - est arrivée en 1964 et elle fut la première chanson contestataire, révèle-t-elle, puis la chanson d'Helen Reddy "I Am Woman" - Je suis une femme - avec sa célèbre déclaration "I am strong, I am invincible" - Je suis forte, je suis invincible - a été n°1 en 1972.
Ensuite, il y a eu celle de Janis Ian "At Seventeen" - à dix-sept ans - chanson classée n°3 en 1975, qui parlait de la déception de l'amour et encore celle de Madonna "Material Girl" - Fille matérialiste - en 1985, lorsque le cynisme a pris le relais.
Dans les années 80, nous avons assisté à un tournant, selon Madame Marcic, avec des chansons comme celle de Whitney Houston "Greatest Love of All" - Le plus grand de tous les amours - faisant référence à l'amour de soi et à la responsabilité de ses propres succès et échecs. Un peu plus tard ce fut "Hero" de Mariah Carey, "Independent Woman" - Femme indépendante - par Destiny Child, et "Video” par India Arie, toutes ces chansons reflètent une femme plus forte et plus sûre d'elle.
Madame Marcic a fait son doctorat sur l'organisation du comportement et de la communication. Elle est membre de la foi baha'ie dont l'un des principes fondamentaux est l'égalité des hommes et des femmes.
Une représentation lors d'une conférence baha'ie en Floride en 1999 a été la genèse de la comédie musicale. Elle avait déjà expérimenté la musique dans ses séminaires et elle a décidé de développer l'idée en mettant la musique en avant et au centre de cette représentation. Le public de Floride en a “été fou”, raconte-t-elle. Lorsque les gens ont demandé une deuxième représentation, “j'ai réalisé que j'étais sur une piste”.
Elle considère “Respect” comme un moyen pour transmettre à beaucoup de personnes une de ses croyances religieuses fondamentales : que les hommes et les femmes sont égaux aux yeux de Dieu.
“C'est ma façon d'apporter à un large public l'esprit de la foi baha'ie”, explique t-elle. “La musique est tellement puissante”.
Le Caire, Egypte, publié le 25 décembre 2007 - Les deux décisions du Conseil d'Etat égyptien dans les affaires concernant la politique gouvernementale relative à l'identification religieuse mentionnée sur les papiers d'identités ont été reportées au 22 janvier 2008.
Les deux cas, concernant une action intentée par le père de deux jumeaux qui cherche à obtenir des actes de naissance en règle, et un étudiant qui a besoin de sa carte d'identité pour pouvoir se réinscrire à l'université, devaient être jugés aujourd'hui.
Mais l'audience a été reportée de manière inattendue, le Conseil indiquant que la délibération est toujours en cours.
Sans carte d'identité - ou, comme dans le cas des jumeaux, sans acte de naissance - les bahá'ís et d'autres citoyens égyptiens, victimes de ces exigences légales contradictoires, sont privés de nombreux droits liés à la citoyenneté comme l'accès à l'emploi, à l'éducation ou aux services médicaux et financiers.
Pour plus d'informations sur ces cas :
Le Caire, Egypte, publié le 20 décembre 2007 - Deux jugements du Conseil d'Etat égyptiens sont attendus en début de semaine prochaine dans deux affaires relatives à la politique gouvernementale d'identification religieuse sur les papiers d'identités. Ce sujet a été vivement débattu en Egypte durant les derniers mois et a attiré l'attention de défenseurs de droits de l'homme.
Le premier cas concerne une action intentée par le père de deux jumeaux qui cherche à obtenir des actes de naissance en règle. Le second concerne un étudiant qui a besoin de sa carte d'identité pour pouvoir se réinscrire à l'université.
Dans les deux cas, un "jugement final" est attendu de la part du Conseil d'Etat égyptien le 25 décembre 2007.
Dans les deux cas, les plaignants n'ont pu obtenir de papiers d'identité au motif qu'ils sont bahá'ís.
"L'injustice dont se rend coupable le gouvernement égyptien de part sa politique d'affiliation religieuse sur les papiers d'identités est de plus en plus reconnue à travers le monde et le Conseil d'Etat a, une fois de plus, une chance de corriger cette injustice" déclare Bani Dugal, la principale représentante de la Communauté internationale bahá'íe.
Elle ajoute : "L'année dernière, sous la pression de fondamentalistes musulmans, le Conseil d'Etat a réformé un jugement qui avait imposé au gouvernement d'apposer sur les documents officiels le mot "bahá'í". Ces deux nouveaux cas offrent une solution de compromis en demandant seulement que le champ comportant l'affiliation religieuse soit laissé en blanc ou comporte la mention 'Autre'".
Brenda Abrar, porte-parole des bahá'ís de France souligne : "Les égyptiens bahá'ís ne demandent pas la reconnaissance de leur religion, seulement la reconnaissance de leurs droits de citoyens égyptiens à part entière, conformément au droit égyptien et aux traités internationaux auxquels l'Egypte est partie."
En effet, le gouvernement exige que tous les papiers officiels contiennent la mention de l'affiliation religieuse mais restreint le choix aux trois religions officiellement reconnues, l'Islam, le Christianisme et le Judaïsme. Les bahá'ís sont dès lors dans l'impossibilité d'obtenir des papiers d'identité car ils refusent de mentir au sujet de leur affiliation religieuse.
Sans carte d'identité - ou, comme dans le cas des jumeaux, sans acte de naissance - les bahá'ís et d'autres, victimes de ces exigences légales contradictoires, sont privés de nombreux droits liés à la citoyenneté comme l'accès à l'emploi, à l'éducation ou aux services médicaux et financiers.
Pour aller plus loin...
Ces problèmes ont d'ailleurs été soulignés dans un rapport publié au mois de novembre par Human Rights Watch et l'Initiative Egyptienne pour les Droits Individuels (Egyptian Initiative for Personal Rights).
Selon ce rapport : "Les employeurs, tant publics que privés, ne peuvent, de par la loi, embaucher quelqu'un sans carte d'identité et les institutions éducatives l'imposent pour l'inscription. Obtenir un certificat de mariage ou un passeport nécessite un certificat de naissance ; le versement d'un héritage ou de pensions de veuvage dépendent d'un certificat de décès. Le Ministère de la Santé a même refusé la vaccination à certains enfants bahá'ís au motif que le Ministère de l'intérieur ne délivre pas les actes de naissance listant leur religion bahá'íe."
Les actes de naissances sont le noeud du problème en ce qui concerne les jumeaux de 14 ans, Imad et Nacy Hindi. Leur père, Rauf Hindi, a obtenu des actes de naissance mentionnant leur affiliation bahá'íe à leur naissance.
Mais, selon la nouvelle politique, les actes de naissance doivent être informatisés et le système informatique empêche le choix d'une religion autre que l'une des trois religions officiellement reconnues. Sans actes de naissance, les enfants ne peuvent pas s'inscrire à l'école en Egypte.
Le second cas a été initié par l'Initiative Egyptienne pour les Droits Individuels (IEDI) au nom de Hussein Hosni Bakhit Abdel-Massih, étudiant de 18 ans, qui a été suspendu de l'Institut supérieur de travail social de l'Université du Canal de Suez en janvier 2006 du fait qu'il ne pouvait obtenir de carte d'identité au motif qu'il refusait de s'identifier, faussement, comme musulman, chrétien ou juif.
Dans les deux cas, les avocats représentant les bahá'ís ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à interrompre l'action si des documents officiels laissant le champ de l'affiliation religieuse en blanc ou éventuellement avec la mention "Autre" étaient délivrés.
Cette solution est ce qui différencie ces deux cas du premier qui a été rejeté par le Conseil d'Etat l'année dernière, selon Hossam Baghat, directeur de l'IEDI.
"La décision négative du Conseil d'Etat nous a contraint d'intenter de nouvelles actions," déclare Monsieur Baghat dont l'organisation a été à l'avant-garde de la défense des égyptiens bahá'ís. "Les faits sont très similaires au cas que nous avons perdu l'année passée, mais nous demandons cette fois-ci des documents sans affiliation religieuse."
"Pour nous, ceci constitue un réel test pour le gouvernement et le pouvoir judiciaire. Si le problème réside dans le fait que la foi bahá'íe n'est pas reconnue en Egypte, il ne devrait alors y avoir aucune raison de refuser à ces citoyens égyptiens des documents qui leurs sont nécessaires pour la vie quotidienne sans aucune référence à la religion."
Monsieur Baghat explique aussi en quoi ces cas ont des implications pour la liberté religieuse en général en Egypte.
"Jusqu'ici, le problème n'affecte que les égyptiens bahá'ís, mais le même problème peut se présenter en théorie avec des égyptiens bouddhistes ou hindouistes. Mais cette question est aussi importante pour des personnes qui ne souhaitent s'identifier à aucune religions, ce qui est un droit garanti par le droit égyptien et international."
Pour les égyptiens bahá'ís, la vie quotidienne continue à se dégrader en l'absence de solution, déclare Labib Hanna, un porte-parole de la communauté bahá'íe d'Egypte.
"Nous ne pouvons rien faire sans papiers d'identité valables," déclare le Dr Hanna, Professeur de mathématiques à l'Université du Caire. "Nous ne pouvons pas renouveler notre permis de conduire, nous ne pouvons pas obtenir d'emploi permanent, et nous ne pouvons pas envoyer nos enfants à l'école."
Selon lui, de nombreux bahá'ís parviennent à faire face aux besoins de la vie quotidienne en occupant des emplois temporaires, en se fondant sur des relations établies avec des banques, des écoles ou d'autres institutions, ou en continuant à utiliser les anciennes cartes d'identités sur lesquelles d'autres options étaient ouvertes s'agissant de l'affiliation religieuse.
"Nous essayons de survivre," déclare le Dr. Hanna, "Mais c'est de plus en plus difficile. Nous nous battons."
Nations Unies, publié le 19 décembre 2007 - L'Assemblée générale des Nations Unies a, une fois de plus, adopté hier une résolution se déclarant "gravement préoccupée par la persistance des violations systématiques des droits de l'homme et des libertés fondamentales de la population de la République islamique d'Iran".
Adoptée par 73 voix contre 53 et 55 abstentions, la résolution souligne la répression et les persécutions visant les femmes, les défenseurs des droits des femmes, les médias, les syndicats ainsi que diverses minorités ethniques et religieuses dont les bahá'ís.
Brenda Abrar, porte-parole des bahá'ís de France déclare : "C'est avec soulagement que nous saluons la ferme confirmation par l'Assemblée générale plénière de la résolution adoptée par la troisième commission le 20 novembre dernier. Il s'agit d'un signal fort à l'encontre du gouvernement iranien ainsi que d'un message d'espoir pour toutes les victimes de violations de droits de l'Homme en Iran dont les iraniens bahá'ís. Nous remercions encore une fois le gouvernement français pour son soutien sans faille sur ce dossier."
Bani Dugal, principale représentante de la Communauté internationale bahá'íe auprès des Nations Unies ajoute : "Nous sommes satisfaits de ce que l'Assemblée générale, l'organe le plus représentatif des Nations Unies, ait été en mesure cette année encore d'attirer l'attention sur la situation en Iran où les bahá'ís ainsi que d'autres groupes continuent à faire l'objet d'oppression et de persécutions par le gouvernement."
"Notre espoir est que le gouvernement iranien se range à l'opinion de la communauté internationale et cesse les violations systématiques des droits de l'homme de ses propres citoyens" ajoute Bani Dugal.
Initiée par le Canada et soutenue par 41 autres pays, dont la France, la résolution décrit la dégradation de la situation des droits de l'homme en Iran et "constate avec une très vive inquiétude" des cas confirmés de "recours à la torture et aux peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, y compris la flagellation et l'amputation" ; des exécutions publiques, y compris par lapidation, ainsi que l' "arrestation, [la] répression violente et [la] condamnation de femmes exerçant leur droit de réunion pacifique, [une] campagne d'intimidation contre les femmes qui défendent les droits fondamentaux et [la] discrimination persistante à l'encontre des femmes et des filles."
Cette résolution, la 20ème sur l'Iran depuis 1985, prend aussi note de la "recrudescence de la discrimination et autres violations des droits de l'homme à l'égard de personnes appartenant à des minorités religieuses, ethniques, linguistiques ou autres" comprenant les Arabes, les Azéris, les Balouches, les Kurdes, les chrétiens, les juifs, les soufis, les musulmans sunnites et les bahá'ís.
S'agissant du sort des iraniens bahá'ís, la résolution souligne les "attaques lancées contre les bahais et leur religion dans les médias contrôlés par l'Etat, [les] preuves de plus en plus nombreuses de l'action que mène l'Etat pour identifier et surveiller les bahais, [les] mesures prises pour empêcher les membres de la confession bahaie de faire des études universitaires et de subvenir à leurs besoins économiques, et [la] multiplication des cas d'arrestation et de détention arbitraires."
Pour plus d'informations sur la situation en Iran : http://www.bahai.fr/iran
District de Sinazongwe, Zambie, publié le 16 décembre 2007 - La tribu de Tonga a vécu au sud de la Zambie pendant des siècles et ses membres sont fiers de leurs traditions ancestrales et de leurs codes sociaux fortement enracinés au sein de la communauté. Mais les chefs expliquent que certaines de leurs coutumes s'estompent peu à peu : les jeunes, par exemple, ne semblent plus respecter les personnes âgées.
Un nouveau programme qui implique des centaines de jeunes adolescents, travaillant en petits groupes, pourrait aider à changer cela et simultanément aider les plus jeunes à mieux s'entendre entre eux.
« Les groupes ont commencé par aider les personnes âgées dans la communauté, explique Siankuku Sabantu, un pêcheur local. C'est une chose qui était tout à fait normale il y quelques temps mais qui a disparu ces dernières années. Maintenant, les jeunes ont recommencé à aider les personnes âgées en puisant de l'eau pour eux, en ramassant le bois de chauffage et en faisant le ménage dans leurs maisons. »
Ces groupes font partie de ce qui est bien connu dans la foi bahá'íe sous le nom d'activités pour les jeunes de 12 à 14 ans et qui est un effort sur le plan mondial pour aider les adolescents à faire les bons choix moraux dans leur vie de tous les jours.
En Zambie, trente-huit groupes ont été formés dans le district de Sinazongwe et leur lancement officiel a eu lieu au début du mois d'octobre. Ils ont rejoint quelques 130 autres groupes qui comprennent jusqu'à 2000 participants à travers tout le pays. Certains sont membres de la foi bahá'íe, mais les trois quart ne le sont pas.
Le chef Sinazongwe, un dirigeant de la tribu Tonga et membre de la foi bahá'íe, croit que le programme, dans lequel les jeunes rendent service aux autres et étudient aussi un texte, aide les jeunes adolescents à développer un “ sens de la noblesse ”.
« Les jeunes se comportent plus correctement, dit-il et beaucoup de gens le remarquent. »
« Ce programme, poursuit-il, les aide à voir quelles valeurs sont importantes. Ils découvrent aussi le sens de leur valeur personnelle et réalisent qu'ils sont importants. »
Chuungu Malitonga, un membre de l'Assemblée spirituelle nationale des bahá'ís de Zambie, a observé, durant les deux dernières années, le développement du programme des jeunes de 12 à 14 ans : « Ce qui se passe à Sinazongwe n'est pas inhabituel. Dès le commencement, le Programme amène les jeunes adolescents à se recentrer sur eux-mêmes dans le cadre de leurs communautés. Il les encourage à prendre leur part de responsabilité au sein même de ces sociétés… Il ne faut pas longtemps au Programme pour produire le genre de résultats que nous pouvons observer à Sinazongwe. »
En Zambie, les groupes de jeunes se rencontrent au moins une fois par semaine, très souvent pendant le week-end.
« Les deux activités principales du moment sont l'étude d'un texte et un projet de service, témoigne Monsieur Malitonga. Ils ont aussi entrepris des sorties, mais cette activité n'est pas encore un élément fort. »
Les groupes, la plupart se composant d'une douzaine de membres, se réunissent habituellement dans leur village, sous un arbre ou dans une petite hutte, pour des sessions d'étude de deux heures environ en utilisant un texte spécialement conçu pour le Programme.
Le premier livre, qu'ils utilisent, raconte l'histoire d'une jeune fille et de sa cousine plus âgée qui vient en visite pendant les vacances scolaires. Les filles discutent ensemble de leurs espoirs et de leurs perspectives d'avenir. L'histoire est conçue pour aider les plus jeunes à développer des bases morales qui guideront leurs choix et dirigeront leurs actions.
Concernant le service, certaines des activités sont planifiées et d'autres sont spontanées.
« Il y a eu récemment un enterrement dans le village et les membres d'un groupe ont ramassé tout le bois de chauffage et ont puisé toute l'eau pour la famille endeuillée, explique Monsieur Sabantu. Un autre service bienfaisant qu'ils rendent est d'entretenir et de nettoyer les alentours du puits qui est la seule source d'eau du village. »
Dans certaines localités, les plus jeunes vont dans les hôpitaux de campagne pour rendre visite à des patients et aider au nettoyage.
La région entière de Sinazongwe est rurale, la plupart des habitants ces villages vivent de la pêche - la zone est contiguë au lac Kariba, le plus grand lac artificiel de l'Afrique - ainsi que de l'agriculture et de l'élevage.
Quelques informations supplémentaires avec ces témoignages :
Olivia Hamoonga, une chrétienne de 15 ans, est l'une des participante du Programme des jeunes de la région de Sinazongwe : « Je constate que mes compétences de lecture et de compréhension se sont améliorées depuis que je fais partie du groupe. De plus, dans notre groupe, nous accordons une grande importance au respect de soi et au respect des adultes, ainsi que sur le service rendu à la société. »
Chaque groupe est aidé par un animateur formé. Beaucoup sont eux-mêmes des jeunes, à peine plus âgés que les membres des groupes.
Au cours de leur formation, les animateurs apprennent des techniques pour aider les jeunes adolescents à développer leurs capacités spirituelles et intellectuelles, ainsi que pour les préparer à rendre des services au sein de leurs communautés.
Tobias Siavwapa, un marchand de chèvres de 21 ans du district de Sinazongwe, est l'un de ces animateurs. Chrétien, il dit qu'il a adhéré au Programme parce qu'il voit que le monde change rapidement et qu'il s'inquiète pour les jeunes.
« Je vois de nombreux jeunes faire des choses qui leur sont néfastes, comme fumer et boire de l'alcool. J'ai entendu parler du concept de l'activité pour les jeunes de 12 à 14 ans et je savais que c'est à cet âge qu'une différence peut être faite, déclare-t-il. Faire partie du groupe aide les jeunes à apprendre à faire des choses qui sont profitables à leur vie et à servir la communauté. Je le vois quand ils aident les gens, allant chercher de l'eau et du bois pour les personnes âgées. »
« En quelques mois à peine, déclare-t il encore, il a vu quelques-uns des plus jeunes se transformer. Au début, certains étaient franchement désobéissants et un peu turbulents. D'autres avaient de sérieuses difficultés à lire et écrire. Mais même après seulement un mois de travail, je peux voir une amélioration dans leur comportement, et leurs compétences en lecture et écriture deviennent bien meilleures. »
Le chef Sinazongwe raconte que le Programme aide les jeunes gens à développer le sens des responsabilités.
« C'est leur terre, leur pays, leur environnement, énonce-t-il, ils apprennent maintenant à en prendre soin. Ils sont les futurs chefs. S'ils n'apprennent pas à le faire, qui le fera quand nous aurons disparu ? »
Monsieur Malitonga relate qu'une des raisons du succès du Programme est que les groupes encouragent l'interaction entre d'un coté les membres et de l'autre les jeunes plus âgés qui servent souvent comme animateurs ou facilitateurs. Les plus jeunes admirent leurs assistants plus âgés.
Le bon équilibre entre les deux composantes – étude et action sociale – est aussi une clé du succès, dit-t-il.
Et il ajoute : « Ce n'est pas suffisant de donner aux participants uniquement de la théorie. Le programme les encourage vraiment à mettre en pratique ce qu'ils apprennent et à être au service de leur communauté. »
Monsieur Sabantu est bahá'í, il a vécu toute sa vie au sud de la Zambie. Il témoigne que depuis que le Programme a commencé, il a remarqué une plus grande harmonie parmi les plus jeunes.
Il cite comme exemple : « Les garçons de la région passent la plupart de leur temps en petits groupes s'occupant du bétail. Des bandes qui parfois se comportent comme des petits gangs et se retrouvent dans des bagarres les unes avec les autres. Un changement immédiat, qui a découlé de ces cours, a été la cessation des bagarres parmi les gardiens de troupeaux qui sont membres des groupes de jeunes. Il y a aussi plus d'interactions entre eux et davantage d'harmonie. De plus, les garçons et les filles travaillent ensemble dans la communauté et pas seulement à l'école. »
Johannesbourg, Afrique du Sud, publié le 10 décembre 2007 - Tel est le titre d'un documentaire d'une durée d'une heure réalisé par deux cinéastes professionnels.
Le film, diffusé en Afrique du Sud et dans les pays voisins, montre comment trois bahá'ís pratiquent leur foi.
Il a été produit par Ryan et Leyla Haidarian à la demande de la Société sud-africaine de radiodiffusion, qui en a acquis les droits d'exploitation pour deux ans.
« Nous avons fait ce film pour présenter ce que la foi bahá'íe peut offrir au monde d'un point de vue pratique », explique Madame Haidarian. Le documentaire introduit la foi bahá'íe, puis se focalise sur trois personnes en Afrique du Sud et expose comment leur foi se reflète dans leurs services rendus à autrui.
Eunice Mabaso a transformé sa maison en orphelinat lorsqu'elle a pris avec elle ses quatre neveux orphelins suite aux décès de son frère et de sa sœur.
Au fil des années, des centaines d'autres orphelins, beaucoup d'entre eux vivant en précarité dans les rues, sont venus chez elle pour trouver abri, amour et protection. « Nous pouvons changer la pauvreté et le crime sur cette terre, témoigne-t-elle, l'avenir de l'Afrique du Sud deviendra plus lumineux. »
Iraj Abedian, économiste et conseiller politique du gouvernement, essaye de s'occuper des problèmes résultant des extrêmes entre richesse et pauvreté.
Un de ses projets est un programme collectif de financement de logements qui aide les travailleurs aux faibles revenus à économiser de l'argent et à investir. Mais, il insiste sur le fait que son travail est basé sur sa croyance en des principes constituant un plan divin. Il raconte qu'il voit le monde comme un chantier de construction , « plein de poussière, de boue et de gravats et déjà y voir s'élever le nouvel édifice...et être sur le chantier de construction, c'est passionnant. »
Tahirih Matthee aide à fournir des programmes de cours à des personnes qui n'ont pas l'expérience des ordinateurs et d'Internet. Ses leçons comprennent aussi un enseignement sur l'égalité des sexes. Elle fait remarquer que l'égalité entre les hommes et les femmes est un enseignement explicite de la foi bahá'íe. Elle donne aussi des informations sur la prévention du VIH/SIDA. Selon elle : « Pour que quelque chose réussisse, vous avez besoin de vision. Tout le monde peut être heureux lorsque tout va bien, mais notre noblesse réside dans le fait, précisément, d'être heureux lorsque tout n'est pas idéal. ».
Ce nouveau film présente aussi des photos historiques de la communauté bahá'íe d'Afrique du Sud, y compris lors de sa fondation pendant l'apartheid.
« Pendant l'époque de l'apartheid, les bahá'ís respectaient à la lettre la loi, mais ils n'adhéraient pas réellement à l'esprit de la loi », raconte le film. En effet, un principe fondamental de la foi bahá'íe est l'unité des races et l'élimination des préjugés raciaux.
L'élection de la première Assemblée spirituelle nationale des bahá'ís d'Afrique du Sud a été faite avec une grande précaution. Elle s'est tenue dans une ferme. Les Blancs entraient par la porte de devant, les Africains noirs par la porte de derrière.
« Si la police approchait, les bahá'ís noirs commençaient à faire le ménage et la cuisine. Les bahá'ís blancs jouaient aux cartes et parlaient entre eux », raconte le narrateur dans le documentaire.
C'est la compagnie “Race Productions”, appartenant aux Haidarian, qui a produit et financé le documentaire en Afrique du Sud. On peut voir le film sur le web. On trouve aussi sur le site des informations pour commander un DVD.
Ryan Haidarian dirige le développement et la production à la Fondation nationale sud-africaine pour le film et la vidéo. C'est cette organisation qui a produit le film “Tsotsi”, primé par l'“Academy Award”.
Monsieur Haidarian, diplômé de l'université du Texas à Austin aux États-Unis, a aussi obtenu plusieurs récompenses pour un documentaire sur le fameux entraîneur américain de football, Darrell Royal.
Leyla Haidarian a travaillé comme journaliste, actrice et cinéaste en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique. On peut la voir fréquemment jouer des seconds rôles dans des séries dramatiques en Afrique du Sud.
Ottawa, Ontario, publié le 30 novembre 2007 (SCNB) - Selon bien des experts, l'impact le plus considérable du réchauffement planétaire se fera sentir dans les régions arctiques. À titre d'exemple, l'été dernier, des scientifiques ont annoncé que, la superficie de la banquise arctique, au cours de cette année écoulée, était la plus petite enregistrée depuis que la calotte glaciaire est surveillée au moyen de satellites.
Il était donc très à propos que le Forum International de l'Environnement (FIE), se réunisse du 12 au 14 octobre 2007 à Ottawa au Canada pour discuter des implications morales du changement climatique pour l'Arctique et ses habitants.
« Cela se produit dans une région du monde qui contribue relativement peu au problème du changement climatique mondial » a expliqué John Stone de l'Université Carleton, qui est membre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et qui a appris durant la conférence que ses collègues du GIEC et lui même s'étaient vu discerné le prix Nobel de la Paix 2007, conjointement avec Al Gore.
Cependant, a-t-il ajouté, « Ceux qui vivent dans l'Arctique ont des liens très étroits avec la terre (…) et leur capacité d'adaptation est mise à dure épreuve, en même temps que la structure de leur collectivité est devenue plus vulnérable. »
Cette onzième conférence du Forum était parrainée conjointement par l'Agence bahá'íe canadienne de développement international et le Bureau des relations gouvernementales au nom de la Communauté bahá'íe du Canada. Elle a exploré, sous divers rapports, les aspects éthiques du changement climatique. Les participants ont, par exemple, été invités à examiner la nécessité d'existence d'une forme de gouvernance mondiale, ainsi que diverses méthodes novatrices par lesquelles il est possible de contribuer individuellement à l'éradication du problème, et à assister et participer aux débats sur les conséquences du changement climatique dans l'Arctique.
John Crump, coordinateur des questions polaires pour l'UNEP [1]/GRID-Arendal [2]. Soit la Base de Données des Ressources Mondiales. a expliqué que les Inuits ont, sur une longue période, fait preuve d'une capacité d'endurance et d'adaptation considérable, mais qu'il convient de se demander : « Jusqu'à quel point peuvent-ils s'adapter et jusqu'à quel point pouvons nous nous attendre à ce qu'ils puissent continuer à s'adapter ? » Selon lui, le problème ne pourra pas simplement être résolu en réinstallant ailleurs ces communautés en péril.
« Pour satisfaire aux exigences du Protocole de Kyoto, a affirmé Monsieur Crump, il faudra des actions collectives, concertées et coordonnées, sur le plan international … mais pour nous sortir de la situation induite par le changement climatique, il faudra bien plus encore, en sachant que le coût de notre inaction sera encore plus élevé. Ce sont les régions les plus vulnérables qui souffriront en premier, mais en fin de compte, nous y passeront tous, a-t-il ajouté, en suggérant que lorsqu'il est question de déplacer un peuple entier, les conséquences morales et culturelles sont très graves. »
Pour conclure, le coordinateur de l'UNEP n'a pas manqué de souligner cette évidence : « L'ensemble des droits civils d'un peuple sont fonction du pays où il réside et nous devons nous demander ce qu'il advient de ces droits quand un peuple est forcé de s'installer ailleurs ».
Robin Anawak, chercheur dans le domaine de l'environnement à "Inuit Tapiriit Kanatami" (ITK), l'organisation nationale Inuit du Canada, avait préparé une présentation sur l'impact du changement climatique sur ce peuple et son territoire. Mais une maladie contractée à la dernière minute l'a empêché de se rendre à la conférence, néanmoins son exposé a été présenté par le modulateur de la conférence.
Sa présentation visuelle a montré la diversité des domaines qui sont affectées par le réchauffement planétaire, dont notamment la difficulté de s'approvisionner en nourriture, de se loger adéquatement, l'apparition croissante d'espèces envahissantes, l'érosion côtière et la montée du niveau de la mer. Il a aussi soulevé la question de la faune et de la flore, de l'alimentation, de la culture, de la langue, des connaissances traditionnelles, de l'infrastructure communautaire, de la sécurité des chasseurs, des nouvelles maladies et de la sécurité du passage du Nord-Ouest.
Pour sa part, Heather Eaton, de l'Université Saint-Paul, à Ottawa, a examiné les dimensions éthiques soulevées par le changement climatique, mais d'un point de vue théologique et socioculturel : « Nous sommes immergés dans un océan d'idéologies culturelles, a-t-elle souligné, et elles entretiennent des notions de bien-être qui sont définies en termes de progrès, de croissance économique, de matérialisme sans limites, d'industrialisation et de technologie, toutes choses qui perturbent le climat. »
Madame Eaton a signalé que les religions ont beaucoup à offrir pour établir un cadre de référence nous permettant d'aborder la question du changement climatique.
« Les enseignements religieux s'intéressent à la dynamique humaine interne, a-t-elle fait observer, ils nous apprennent à éduquer nos désirs, en ajoutant que la religion nous enseigne certaines choses au sujet de nos pensées et de notre volonté. Elle nous enseigne la solidarité et à ce sujet, la foi bahá'íe possède une grande sagesse. Il est urgent que les religions réaffirment que l'élégance du monde naturel a, depuis l'aube des temps, était une source d'inspiration et a agi comme une réflexion du divin », a encore affirmé Madame Eaton ajoutant que : « Les êtres humains ne détruisent jamais ce qu'ils considèrent comme sacré. »
Arthur Dahl, président du FIE, a énoncé que la relation intime que les Inuits entretiennent avec la terre, pourrait fournir des informations importantes qui pourraient permettre de résoudre les problèmes du réchauffement planétaire.
En se servant d'un énoncé des enseignements bahá'ís selon lequel « La campagne est le monde de l'âme et la ville est le monde du corps » [3], Monsieur Dahl a fait remarquer que les cultures les plus proches de cette réalité seront celles qui auront d'importantes résultats spirituels à offrir.
« Dans les pays industrialisés occidentaux, a-t-il expliqué, nous avons érigé des civilisations qui sont éloignées de la Nature. Nous nous sommes piégés nous mêmes dans un système contre nature. Le problème qui existe avec ce système est qu'il repose sur les combustibles fossiles, ce qui provoque le réchauffement de la planète. »
« Il y a une sorteà la fois d'inertie et d'élan à continuer sur cette voie, a fait encore observer M. Dahl, voyez à quel point notre civilisation est devenue vulnérable aux changements qui se produiront dans une ou deux décennies. »
Au total ce ne sont pas moins de 125 personnes, issues de treize pays d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Afrique, qui ont participé à cette conférence. Pour réduire leur empreinte écologique 25 participants, représentant neuf pays, ont pris part à la conférence au moyen d'un flux vidéo et textuel en simultané sur Internet. De plus, pour atteindre un public encore plus large, toutes les sessions de la conférence sont consultables en ligne sur le site internet de la FIE.
Duncan Hanks directeur de l'Agence bahá'íe canadienne de développement international et co-animateur de la conférence, a dit qu'il était impressionné par le niveau d'engagement des participants.
« Nous avons assisté à un échange d'idées authentique et ouvert, entre personnes de différentes confessions et aussi entre des scientifiques et des personnes religieuses ou sans affiliation confessionnelle », a-t-il fait remarquer.
« Ce congrès a réuni des exécutants, des décideurs et des citoyens ordinaires, issus d'organismes gouvernementaux, confessionnels, environnementaux ou encore d'organisations non gouvernementales. Tous ont trouvé, lors de cette conférence, un lieu où ils pouvaient exprimer leur point de vue, être écoutés et contribuer au dialogue, sans que quiconque ne cherche à imposer ses idées ou ne s'attache rigidement à une position », a témoigné Monsieur Hanks.
Il a conclu par ces mots : « L'atmosphère qui a régné à cette 11ème conférence annuelle a été très prolifique. L'esprit de l'apprentissage, la participation et l'inspiration étaient palpables dans la salle. »
A lire sur le même sujet :
[1] UNEP : United Nations Environnement Programme, soit le Programme des Nations Unies pour l'Environnement
[2] GRID : Global Resource Information Database
[3] Citation extraite de « Bahá'u'lláh et l'Ere Nouvelle » de E. Esslemont
New York, Nations Unies, Paris, publié le 21 Novembre 2007 - Une Commission de l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé hier une résolution soulignant sa grave préoccupation au sujet de "la persistance des violations systématiques des droits de l'homme et des libertés fondamentales de la population de la République islamique d'Iran".
"Nous nous réjouissons de cette bonne nouvelle pour toutes les victimes de violations de droits de l'Homme en Iran dont nos coreligionnaires iraniens. Nous souhaitons remercier le gouvernement français, co-sponsor de cette résolution, pour son soutien actif et espérons que l'Assemblée générale confirmera cette résolution en décembre." déclare Brenda Abrar, porte-parole des bahá'ís de France.
Initiée par le Canada et soutenue par 41 autres pays, dont la France, la résolution prend acte de la répression et des persécutions par le gouvernement iranien dont sont victimes les femmes, les défenseurs des droits des femmes, les médias, les syndicats ainsi que divers groupes ethniques et religieux dont les iraniens bahá'ís.
La résolution a été adoptée par la troisième commission de l'Assemblée générale, par 72 voix pour, 50 contre et 55 abstentions le 20 novembre 2007. Ce vote assure, en principe, le passage de la résolution au moment du vote final par l'Assemblée générale plénière prévu pour décembre.
Le vote de la résolution fut précédé le même jour par un vote sur une motion de "non-action" qui a échoué par 78 voix pour, 79 contre et 24 abstentions. Ce vote était considéré comme un important test de la volonté de l'Assemblée générale d'examiner la situation des droits de l'Homme dans des pays spécifiques lorsque cela est nécessaire.
"Nous sommes satisfaits de ce que l'Assemblée générale ne ce soit pas détournée de sa responsabilité de protéger les droits humains et les libertés fondamentales garanties par la Charte des Nations Unies," a déclaré Bani Dugal, la principale représentante de la Communauté internationale bahá'íe auprès des Nations Unies.
"Le fait que la Communauté internationale exprime ainsi sa préoccupation est une source de protection et d'encouragement cruciale non seulement pour les iraniens bahá'ís, mais aussi pour les autres groupes persécutés et des individus en Iran."
"Il est particulièrement important que les efforts de l'Iran destinés à mettre de côté ce type de résolutions par des manœuvres procédurales aient encore échoués cette année." ajoute-t'elle. "Le vote contre la motion de non-action avant le passage de la résolution elle-même est une prise de position qui souligne l'importance de résolutions spécifiques à des pays telles que celle-ci."
"Une motion de non-action est une procédure qui, si elle est adoptée, permet d'empêcher les Etats membres des Nations Unies de débattre d'une résolution en particulier. Cette procédure est de plus en plus usitée pour permettre aux pays d'éviter de se prononcer par "oui" ou "non" sur des sujets politiquement sensibles tels que les droits de l'Homme, et ainsi d'éviter le contrôle de la Communauté internationale." explique Bani Dugal.
La résolution décrit une détérioration de la situation des droits de l'Homme en Iran, le Comité constatant "avec une très vive inquiétude" des "cas [...] confirmés" de "recours à la torture et aux peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, y compris la flagellation et l'amputation" ; des exécutions publiques, y compris par lapidation, ainsi que l' "arrestation, [la] répression violente et [la] condamnation de femmes exerçant leur droit de réunion pacifique, [une] campagne d'intimidation contre les femmes qui défendent les droits fondamentaux et [la] discrimination persistante à l'encontre des femmes et des filles."
La résolution prend aussi note de la "recrudescence de la discrimination et autres violations des droits de l'homme à l'égard de personnes appartenant à des minorités religieuses, ethniques, linguistiques ou autres, reconnues ou non, notamment les Arabes, les Azéris, les Balouches, les Kurdes, les chrétiens, les juifs, les soufis et les musulmans sunnites ainsi que leurs défenseurs, et en particulier [les] attaques lancées contre les bahais et leur religion".
S'agissant des bahá'ís, la résolution souligne particulièrement les "attaques lancées contre les bahais et leur religion dans les médias contrôlés par l'Etat, [les] preuves de plus en plus nombreuses de l'action que mène l'Etat pour identifier et surveiller les bahais, [les] mesures prises pour empêcher les membres de la confession bahaie de faire des études universitaires et de subvenir à leurs besoins économiques, et [la] multiplication des cas d'arrestation et de détention arbitraires."
La résolution mentionne aussi les "restrictions persistantes, systématiques et sévères de la liberté de réunion et d'association pacifiques, et de la liberté d'opinion et d'expression, visant notamment les médias et les syndicats et [le] recours de plus en plus fréquent aux actes de harcèlement, d'intimidation et de persécution visant les opposants politiques et les défenseurs des droits de l'homme de tous les secteurs de la société iranienne, y compris arrestation et répression violente de dirigeants syndicalistes et de travailleurs syndiqués lors de réunions pacifiques, et d'étudiants."
Pour plus d'informations sur la situation en Iran : http://www.bahai.fr/iran